Marlen Mckey, de la mode au tatouage

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rédigé par Alexandra Bay

19 avril 2018

En 2015, Marlen McKey a ouvert son shop « Beto Beto Tattoo ». Sous le soleil de Rimini, l’Italienne de 35 ans exerce le métier de tatoueuse depuis 13 ans. Sensible et timide, la jeune femme encre un tatouage aux tonalités chaudes, aux traits délicats et aux graphismes naïfs. Si le tatouage est sa nouvelle vocation, la styliste continue ses créations de mode.

Texte : @Alexandra Bay – Publié dans Tatouage Magazine

Marlen McKey @marlenmckey

Faux départ dans l’industrie de la mode

Ses clients l’appellent Marlin, comme le poisson, ou parfois Marlene MacKenzie. Mais son vrai prénom, c’est Sabrina. Discrète et réservée, elle préfère tatouer sous le nom de Marlen McKey, un alias derrière lequel elle s’affirme. À 35 ans, elle manie le dermographe depuis 13 ans. Son studio, Beto Beto Tattoo, se trouve en plein cœur de Rimini, sur la côte est italienne. Dans les années 1980, cette station balnéaire attirait les foules : clubs animés, plages bondées et tourisme de masse rythmaient alors l’été.

Cette expérience lui a appris à concevoir, organiser et résoudre des problèmes dans l’urgence — « aussi vite que la mode peut être changeante », résume-t-elle.

Comme beaucoup d’artistes, Marlen dessine depuis toujours. Enfant, elle commence par imiter sa sœur aînée, puis comprend rapidement que le dessin est son langage à elle. À l’école, elle gribouille pour ses camarades ; au lycée, elle crée même une tendance. « J’avais inventé un alphabet de lettres stylisées que j’ai dessiné dans les agendas de mes amis, se souvient-elle avec tendresse. Il s’est répandu dans tout le lycée. Chacun l’a repris à sa façon, l’a transformé. »

Après des études d’art, Marlen intègre un studio de graphisme et de design de mode. Quand la directrice lance sa propre marque, elle lui confie la création des accessoires féminins. Cette première immersion dans l’industrie de la mode laisse un souvenir mitigé : Marlen ne s’y sent pas à sa place. Pourtant, elle en tire du positif. Cette expérience lui a appris à concevoir, organiser et résoudre des problèmes dans l’urgence — « aussi vite que la mode peut être changeante », résume-t-elle.

Marlen McKey @marlenmckey

Du textile au tatouage

C’est à cette époque que Marlen rencontre Olly, tatoueur au Black Market Tattoo, à deux heures de route de Rimini. En passant du temps dans son shop, elle découvre le quotidien d’un studio de tatouage — et c’est le déclic. Elle tombe immédiatement amoureuse du métier. Dès lors, elle sait qu’elle veut tatouer. Comme beaucoup, elle débute sur elle-même en 2004. Mais trop anxieuse à l’idée d’encrer d’autres personnes sans formation solide, elle préfère attendre un véritable apprentissage.

J’ai vu un documentaire incroyable sur Hokusai, il disait qu’il faut trois éléments pour être un bon artiste : les yeux, le cœur et les mains. Si l’un manque, ça ne marche pas !

Marlen Mckey

Par hasard, Marlen tombe sur une annonce : un street shop cherche un tatoueur résident. Bien qu’elle ne se considère pas encore professionnelle, elle présente son meilleur book et est immédiatement embauchée. Le shop est dirigé par un manager qui ne tatoue pas, mais des guests viennent régulièrement pour animer la boutique. Pendant ce temps, Marlen dessine, apprend les bases du métier et découvre le fonctionnement d’un studio. Peu à peu, elle commence à tatouer des clients, se perfectionnant pendant cinq ans dans cette boutique.

Un jour, Marlen ressent le besoin de changer d’air et s’installe à Madrid. Mais après quelques expériences décevantes en Espagne, elle décide de revenir en Italie. À son retour, elle décroche une place chez Skinwear Tattoo à Rimini, où elle travaille pendant cinq ans. Ensuite, forte de son expérience et grâce à un ami précieux, elle réalise son rêve : ouvrir Beto Beto Tattoo en 2015. Ce petit studio de 20 mètres carrés, situé en plein centre-ville de Rimini, est un espace chaleureux où elle peut enfin s’épanouir.

Marlen McKey @marlenmckey

Des inspirations japonaises

Marlen cite souvent l’une de ses références : « J’ai vu un documentaire incroyable sur Hokusai, il disait qu’il faut trois éléments pour être un bon artiste : les yeux, le cœur et les mains. Si l’un manque, ça ne marche pas ! » Si elle trouve son épanouissement dans le tatouage, Marlen reste issue du design. L’encre, bien qu’essentielle, ne suffit pas à combler toutes ses aspirations créatives.

Marlen confie : « Je ne peux pas me concentrer uniquement sur l’art du tatouage. J’ai un besoin constant de créer. Je tente de traduire mes rêves et mes visions à travers mes dessins. Ceux-ci se transforment en jouets, sacs, accessoires, sérigraphies ou illustrations. Je ne m’arrête jamais, j’ai toujours une longue liste de projets en tête. Le plus récent est un livre pour enfants que j’ai eu le plaisir d’illustrer pour un très bon ami. C’est mon premier livre, et c’est vraiment excitant ! »

Je dessine souvent des monstres et créatures de fiction. Le folklore japonais est très riche en iconographie !

Marlen Mckey

Parmi ses sources d’inspiration, Marlen mentionne l’illustration enfantine, en particulier les livres des années 50 et 60, ce qui explique l’aspect naïf de ses tatouages. Elle aime aussi se plonger dans les anciennes illustrations des années 20 et 30, admirant la précision des contours de J.C. Leyendecker et l’imaginaire de Ralph Hulett.

Les influences les plus fortes de Marlen viennent d’Asie, en particulier des arts japonais anciens. Elle puise une grande inspiration dans la mythologie asiatique, dessinant souvent des monstres et créatures de fiction. « Le folklore japonais est riche en iconographie ! » dit-elle. Passionnée par l’expérimentation, elle adore explorer de nouvelles techniques et travailler avec des matériaux comme le papier et les textiles. Actuellement, elle crée une série de poupées en tissu, un projet qu’elle espère partager bientôt.

Marlen McKey @marlenmckey

Une force de travail

Pour enrichir son univers créatif, Marlen participe à de nombreux ateliers, tels que la calligraphie ou le stop motion. Elle affirme : « Il ne faut jamais cesser d’apprendre. Dans 10 ans, j’espère avoir encore beaucoup d’imagination, d’inspiration et de dévouement. Ces trois mots-clés sont les moteurs qui me permettent de rester innovante dans mon travail. »

Très fière de gérer son propre studio, elle résume sa philosophie avec cette citation : « Choisissez un travail que vous aimez et vous ne travaillerez jamais, pas même un jour de votre vie entière ».

Lorsqu’elle crée un flash, Marlen fait de nombreuses recherches et fait preuve d’une grande rigueur. Très exigeante envers elle-même, elle critique sans indulgence ses dessins et cherche constamment à les améliorer. Elle réalise plusieurs tests avant d’atteindre un résultat « satisfaisant ». Avec humour, elle confie : « Je rêve de développer une méthode où des clones pourraient m’aider à rattraper mon retard. Et je contribue probablement à la déforestation, vu la quantité folle de papier que j’utilise pour mes croquis. »

Marlen ne cesse de travailler, même pendant son temps libre, où elle continue à dessiner et à explorer de nouveaux matériaux. Elle ne se déconnecte jamais de l’hémisphère gauche de son cerveau. Très fière de gérer son propre studio, elle résume sa philosophie avec cette citation : « Choisissez un travail que vous aimez et vous ne travaillerez jamais, pas même un jour de votre vie entière ». Site officiel : www.betobetotattoos.com

Instagram: @marlenmckey

@betobetotattoos

@gurugurulab

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