L’encre sacrée de Wat Bang Phra

Chaque année, des milliers de disciples du Sak Yant, le tatouage bouddhiste, se font encrer au temple de Wat Bang Phra. Début mars, le célèbre sanctuaire thaïlandais organise le festival Wai Khru dédié aux maîtres tatoueurs. Les Sak Yant protègent ses disciples et leur confèrent des pouvoirs surnaturels. Durant le festival, les possédés du Yantra entrent en transe et sèment le chaos. Ils laissent dans leur sillage une forte aura mystique.

Texte : Alexandra Bay – Article publié dans Tatouage Magazine

À 50 km à l’ouest de Bangkok, Wat Bang Phra est le temple des dévots du Sak Yant. Le mot Sak signifie tatouer et le Yant est un dessin géométrique agrémenté de Katas, des prières bouddhistes. Début mars, le festival annuel Wai Khru accueille plus de 15 000 disciples, des Thaïlandais, mais aussi des touristes de passage. En Thaïlande, le Wai Khru est une cérémonie commune à toutes les professions. Le mot Khru — ou Kru — est une contraction du thaïlandais Kuru, traduction du sanscrit Guru qui veut dire enseignant. Ainsi, le festival Wai Khru du temple de Wat Bang Phra rend hommage à ses professeurs tatoueurs, les Khru Sak. Experts du Sak Yant, les maîtres lisent le Pali une langue indienne très ancienne. Ils maîtrisent l’alphabet khmer et les Yant. Ils connaissent par cœur les chants de bénédiction et insufflent des pouvoirs occultes aux Sak Yant. L’icône des Khru Sak est le moine vénérable Luang Phor Pern, le 8e abbé du temple. Son imposante statue trône dans le parc de Wat Bang Phra.

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Yantra The Sacred Ink, de Cédric Arnold

‘Yantra: The Sacred Ink’ est une courte séquence filmée par le photographe reporter Cédric Arnold. Le sujet ? l’encre sacrée de Thaïlande. En 4 min 58, Cédric dévoile toute la spiritualité intense du Sak Yant alternant images de pique sacrée et Khong Khuen, transe de dévots tatoués. Le photographe puriste a utilisé du noir et blanc pour ce film réalisé entre 2008 et 2014. Il devrait être diffusé en version longue un de ces jours (à suivre). Je l’espère vivement.

Reportage au festival Wai Kru

Poulain de l’agence Corbis Sygma, Cédric Arnold arrive à Bangkok, il y a 15 ans. Il travaille alors comme photographe reporter. En 2003, il couvre le festival Wai Kru, à Nakorn Chaisi, pour un magazine. Au temple Wat Bang Phra, il découvre alors le Sak Yant ou tatouage yantra : l’encre sacrée. Ainsi, il confie sur son site qu’il ignorait qu’il se lancerait dans l’un des projets les plus ambitieux de sa carrière, Yantra the sacred ink.

Cédric Arnold présente officiellement son projet photographique le 25 mai 2011. En effet, il est convié à exposer au Centre d’art de l’université Chulalongkorn de Bangkok.

Yantra the sacred ink, un projet de longue haleine

Cédric Arnold raconte ainsi que la première séance de cette série photographique s’est déroulée par hasard. En effet, durant un reportage, il croise la route d’un ouvrier sur un chantier naval. Et c’est ainsi qu’il revient la semaine suivante pour immortaliser les tatouages magiques de l’homme au moyen format.

C’est ainsi que pendant plus de 4 ans, il rencontre et immortalise des boxeurs, des moines, un policier et même un chauffeur de taxi ! Il aura également la chance de se lier avec des maîtres tatoueurs qui le laissent assister aux cérémonies. Exigeant, le photographe sélectionne 25 portraits qu’il trouve intéressants et en retient seulement 15 pour la série finale.

Passage obligé, l’exposition  Tatoueurs, Tatoués du musée du quai branly présentait certains clichés du photographe. Sinon Cédric Arnold est résident de la Galerie Olivier Waltman, à Paris.

Voici quelques clichés pris lors de sa venue à Paris :

Portrait Cédric Arnold - @Alexandra Bay
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