Insoumises et tatouées, histoire de prostituées

La prostitution est « la plaie » que toutes les sociétés dites « civilisées » tentent de maîtriser depuis des millénaires. Entre 1830 et 1930, c’est l’âge d’or des maisons de tolérance en France, les fameux bordels. Le système réglementariste encadre les activités de la prostitution légale. Cependant, sur les trottoirs, les insoumises font de la résistance. Sous la protection du souteneur, ces tatouées de petite vertu troublent l’ordre public.

En France, entre 1830 à 1930, c’est la grande époque des maisons de tolérance. Les prostituées qui y exercent leurs talents sont appelées « filles publiques ». Depuis le XIXe siècle, le système réglementariste encadre l’amour vénal de manière drastique. En façade, les politiques maîtrisent le vice et préservent la tranquillité des foyers bourgeois. En réalité, la misère intensifie le phénomène des insoumises. Sur le trottoir, ces femmes tatouées perturbent les bonnes mœurs. Souvent endettées et sans attaches, elles vendent leur corps pour quelques francs. Elles vivent de l’un des plus vieux métiers du monde.

Le plus vieux métier du monde

Et pour cause… La prostitution se retrouve dans toutes les sociétés depuis des millénaires comme les prostituées de Babylone, les hétaïres ou courtisanes de la Grèce antique et les esclaves sexuelles de Rome. Et à ces différentes époques, le tatouage orne déjà les peaux, hommage divin ou au contraire, marque d’infamie. À Babylone, 5 000 ans avant Jésus-Christ, les danseuses ou les musiciennes se font tatouer le signe de leur saint-patron Bès sur les cuisses. Elles améliorent ainsi leurs performances artistiques. Les femmes se produisent dans les maisons de bière. On les écoute, on les admire et on paie pour goûter à leurs charmes. Certaines officient dans les temples, ce sont les prostituées sacrées. Les fidèles s’unissent avec elles pour approcher la divinité, au plus près. Selon une légende, le temple d’Aphrodite, déesse de l’amour, aurait abrité plus de mille prostituées sacrées.

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1ere victoire pour Save Tattooing in Japan

En septembre dernier, la Cour suprême du Japon (la plus haute instance judiciaire) a déclaré que « Le tatouage n’est pas considéré comme un traitement médical ni comme un acte lié aux soins de santé ». Pour Taiki Masuda, ses avocats et l’association « Save tattooing in Japan », c’est l’aboutissement de 5 années de « lutte ».

Joseph Cabri, le Bordelais tatoué

En 1817, le Bordelais Joseph Cabri est le premier tatoué à s’exhiber en France. Pour quelques sous, le vice-roi de Nou-Kahiva, arbore ses tatouages dans les foires ou le salon des curieux. En tenue traditionnelle royale, Joseph livre le récit de ses aventures dans l’archipel des îles Marquises. Son public est médusé : tatouage, cannibalisme, amour et royauté. Ses aventures exotiques captivent les foules. Voici le récit de son odyssée.

La vie de Joseph Cabri est auréolée de mystères. L’homme est né durant l’année 1780, dans la ville portuaire de Bordeaux. Une partie des registres de naissances a péri dans des incendies au cours des siècles derniers. Joseph vit peut-être à Saint-Michel, près des quais. Ce quartier populaire s’anime au rythme des bateaux. À tout juste 14 ans, il devient marin. On connaît sa vie grâce aux deux versions du « Précis historique et véritable du séjour de Joseph Kabris, natif de Bordeaux, dans les îles de Mendoça […] ».

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