Rób Borbás, boss du Rooklet Ink

À tout juste 30 ans, Rób Borbás encre un blackwork dans un esprit gravure. Entre occultisme et macabre, le hongrois tatoue de grosses pièces en noir et gris, avec de subtiles touches de rouge. Ses tatouages hypnotisent, car ils recèlent de petits détails telle une gravure du 15e siècle. On pense forcément au travail d’Albrecht Dürer que le tatoueur admire. On vous présente le travail fin et ouvragé de Rób Borbás, boss du Rooklet Ink, à Budapest. (Interview parue dans tatouage magazine 129)

Bonjour Rob, Peux-tu te présenter aux lecteurs ?

Rób Borbás : Bonjour, j’ai 30 ans et je vis à Budapest. Je viens du nord de la Hongrie, d’un petit village dont je suis toujours amoureux. J’y ai passé une enfance merveilleuse. Je travaille comme illustrateur depuis presque 10 ans. De temps en temps, je fais encore des illustrations quand j’en ai le temps. Je suis tatoueur depuis 2012. J’ai encore beaucoup de choses à apprendre et encore plus à faire, rires.

Rób Borbás
Rób Borbás

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Brutal tattoo ritual, un mouvement singulier

Brutal Tattoo Ritual : la douleur comme catharsis

Le Brutal Tattoo Ritual m’intriguait, vraiment. Ce mouvement m’intéressait et j’imaginais qu’il portait une pensée philosophique réfléchie. Mais le visionnage de la vidéo de Vice détruit ma curiosité.

Je comprends parfaitement le côté brutal. On revient à une démarche ritualisée à l’opposé de la consommation « tattoo » actuelle. Finalement, on redonne du sens à un rite qui l’a perdu au fil du temps…

brutal tattoo ritual

Du tatouage sans esthétisme

Aucune recherche esthétique pour le Brutal Tattoo Ritual, mais l’ignorant style a exactement la même démarche, le côté fun en plus. J’assimilais l’aspect brutal de ce mouvement au « rituel » initiatique. Le tatouage se mérite, la douleur est une contrepartie qu’on accepte à juste titre.

J’aime beaucoup la réflexion du tatoueur sur la mère qui rassure son enfant quand il se fait mal. Je l’entends parfaitement. Et je trouve que ça donne un vrai sens à son propos… Les personnes qui viennent là, sont consentantes. Et elles n’ont pas envie d’entendre maman les rassurer… Voici le résumé du Brutal Tattoo Ritual.

Le cameraman enchaîne les plans de vue sur les personnes tremblotantes, hurlant de douleur… Puis le tatoueur se lâche sur le client en lui faisant mal et en l’insultant. La façon de filmer rend le concept totalement simpliste… Ça m’a paru vraiment grotesque… Et j’en suis désolée… (Attention, je ne remets nullement en cause la douleur réellement ressentie)

Surtout, lorsque le tatoueur répète plusieurs fois « si le client me fait chier, je lui dis d’aller se faire foutre »… Et le Brutal Tattoo Ritual se transforme en concept marketing dénué d’un sens profond.

brutal tattoo ritual

Quel sens pour le Brutal Tattoo Ritual ?

J’imaginais que le Brutal Tattoo Ritual était l’acte de se faire tatouer durant des heures entières des motifs absolument inesthétiques pour le commun des mortels. Il s’agissait ainsi de repousser des limites personnelles, voire les limites d’un tatouage devenu trop esthétique… Car il ne faut pas se leurrer, le tatouage fait mal.

D’ailleurs, c’est la question favorite des tatoués (n’est-ce pas ?). Quelle partie du corps fait le plus mal ? Toutes ! C’est toujours un sale moment à passer.

Cependant, la récompense en vaut la peine. Alors il s’agit d’accepter cette douleur pour qu’elle soit moins prenante… C’est un moment de concentration intense. Je l’utilise soit pour communiquer avec le tatoueur, soit pour intérioriser la douleur, puis me perdre dans mes pensées au bout de quelques heures.

Le Brutal Tattoo Ritual me déçoit en ce point… Une séance filmée par VICE se transforme en sorte de cérémonie BDSM, digne d’un salon de l’érotisme de la ville de trucmuche. C’est ce que je ressens en regardant cette vidéo.C’est vraiment dommage… Cette mise en scène me paraît tellement peu naturelle. Elle amoindrit toute la dimension singulière de cette démarche… Du coup, j’ai arrêté de regarder au bout de 10 minutes environ… Promis, je regarderai de nouveau cette vidéo plus tard…

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