Bocanje križa, le tatouage des Balkans

Avec des motifs simples, le tatouage bosniaque « Bocanje križa » est pourtant la somme complexe de différentes cultures qui ont colonisé le territoire de Bosnie-Herzégovine durant des millénaires. De l’antiquité aux invasions ottomanes, le Bocanje s’est transformé au fil des siècles pour revêtir une forte identité religieuse. Cependant, il puise ses origines dans les traditions païennes des Iapodes, proches voisins des Thraces.

C’est presque une image d’Épinal. Foulard sur la tête, chemise et jupon amples blancs, tablier noir qui marque la taille, la femme bosniaque catholique porte sur les bras, le visage et le torse, les traces bleutées de tatouages traditionnels. Les anciens l’appelaient Bocanje križa, mais aussi : bocanje, bockanje, sjecanje te sicanje. Si le tatouage bosniaque puise sa principale symbolique dans la religion, il remonte pourtant à l’âge de bronze.

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L’encre sacrée de Wat Bang Phra

Chaque année, des milliers de disciples du Sak Yant, le tatouage bouddhiste, se font encrer au temple de Wat Bang Phra. Début mars, le célèbre sanctuaire thaïlandais organise le festival Wai Khru dédié aux maîtres tatoueurs. Les Sak Yant protègent ses disciples et leur confèrent des pouvoirs surnaturels. Durant le festival, les possédés du Yantra entrent en transe et sèment le chaos. Ils laissent dans leur sillage une forte aura mystique.

À 50 km à l’ouest de Bangkok, Wat Bang Phra est le temple des dévots du Sak Yant. Le mot Sak signifie tatouer et le Yant est un dessin géométrique agrémenté de Katas, des prières bouddhistes. Début mars, le festival annuel Wai Khru accueille plus de 15 000 disciples, des Thaïlandais, mais aussi des touristes de passage. En Thaïlande, le Wai Khru est une cérémonie commune à toutes les professions. Le mot Khru — ou Kru — est une contraction du thaïlandais Kuru, traduction du sanscrit Guru qui veut dire enseignant. Ainsi, le festival Wai Khru du temple de Wat Bang Phra rend hommage à ses professeurs tatoueurs, les Khru Sak. Experts du Sak Yant, les maîtres lisent le Pali une langue indienne très ancienne. Ils maîtrisent l’alphabet khmer et les Yant. Ils connaissent par cœur les chants de bénédiction et insufflent des pouvoirs occultes aux Sak Yant. L’icône des Khru Sak est le moine vénérable Luang Phor Pern, le 8e abbé du temple. Son imposante statue trône dans le parc de Wat Bang Phra.

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