Laurent Z, pour l’amour des lignes

À 41 ans, Laurent Z tatoue depuis 8 ans. Architecte de formation, le marseillais est un amoureux des lignes et du noir. Influencé par la Boucherie Moderne, Laurent s’est spécialisé dans le géométrique puis l’ornemental. Ses tatouages épousent les formes du corps et sont visuellement efficaces. D’ailleurs, ses fleurs sur les fessiers féminins ont fait de nombreuses adeptes. Laurent Z officie dans ses deux shops « L’encre Noire » à Aix-en-Provence et à Marseille. Il vous recevra avec sa bonhomie et son accent du soleil.

De l’architecture au tatouage

Comme de nombreux artistes, Laurent Z a étudié les arts appliqués. Par contre, il est 100 % novice en tatouage, ce qu’il confie : « Je ne connaissais pas le milieu du tatouage ni ses règles. Je connaissais juste les magazines comme Tatouage magazine, etc. ». Après une formation d’architecte, il enchaîne les boulots. Il monte même son agence de communication : marquage publicitaire, stickers, cartes de visite, etc. Il arrive par hasard dans le métier. Une connaissance débute le tattoo et ça lui met la puce à l’oreille. Laurent s’achète alors une Micky Sharpz. Il tatoue gratuitement ses amis pour se faire la main.

Je ne connaissais pas le milieu du tatouage ni ses règles »

Laurent Z
Laurent Z – Tatouage Magazine 126

Après avoir bien fait tourner son dermo, Laurent Z ouvre son shop « L’encre noire ». C’était il y a 8 ans, il se remémore : « Quand j’ai ouvert ma boutique, je tatouais uniquement ce que je pensais être capable de faire. Je ne dépassais jamais mes limites, mais je progressais quand même petit à petit. Jamais, je n’aurais tatoué du japonais si je n’en étais pas capable. D’ailleurs, je faisais beaucoup de tribales, de lettres chinoises, etc. Tous ces tatouages qui sont considérés comme “ridicules”. Ça m’a permis de perfectionner ma technique. »

Humble et conscient de ses limites, le tatoueur redirige alors sa clientèle vers des salons spécialisés. Il conclut : « Actuellement, je pourrais faire du réalisme, mais je considère que je ne le fais pas aussi bien que certains collègues. Alors, je préfère leur adresser mes clients. C’est mon éthique. Je n’encre pas ce que je ne sais pas faire parfaitement. Je ne veux encrer que du très bon tatouage. »

Je n’encre pas ce que je ne sais pas faire parfaitement.

Laurent Z

Tatoueur 3.0

Curieux et perfectionniste, il se forme tout seul. Le tatoueur se souvient : « J’ai fait la première convention de Lyon. Je suis tombé à côté de tatoueurs très sympathiques dont Vincent Albuisson de Blossom Tattoo. Il m’a expliqué le tatouage et ses codes. Il m’a enseigné des techniques de traçage ou comment dessiner sur la peau directement. Il m’a donné des astuces. J’ai aussi regardé beaucoup de vidéos pour m’améliorer. J’ai fait un apprentissage comme le ferait mon apprenti lorsqu’il me regarde bosser, sauf que j’allais chercher l’information tout seul. »

Mais Laurent Z n’éprouve pas de regrets comme il le confie : « Je ne regrette pas de ne pas avoir eu d’apprentissage. Par contre, je n’aurais pas rêvé meilleur maître que Jef Palumbo ou Léa Nahon. Côté technique, l’utilisation de la machine à tatouer m’a posé un souci dès le début. Je n’arrivais pas à maîtriser mon dermographe. Du coup, je suis passé de la coil à la rotative de Bellmann rotary tattoo machines. Et j’ai vu un écart fabuleux, aucune perte de variations. Je ne suis pas un nostalgique des bobines. Je suis un tatoueur 3.0. J’aime vivre avec la technologie. Lorsqu’une nouveauté sort, je vais la tester. Le tatouage évolue, la technique et les encres, je vis avec mon temps. »

Je suis un tatoueur 3.0. J’aime vivre avec la technologie.

Laurent Z
Laurent Z – Tatouage Magazine 126

Découverte du tatouage

Laurent Z a vraiment découvert le tatouage quand il s’est impliqué à fond en tant qu’artiste. Il raconte : « J’aimais beaucoup le côté graphique du tatouage. J’ai beaucoup observé les travaux de la Boucherie Moderne. Il y avait aussi Thomas Hooper. D’ailleurs, j’étais beaucoup plus graphique quand j’ai commencé à tatouer. »

Son premier tatouage en tant que tatoué ? C’était le S de superman. Il avait 21 ans et comme il le dit si bien, c’était pour faire son rebelle. Depuis, il l’a fait recouvrir, mais il le regrette, « sourire ». Passionné par l’école de la Boucherie Moderne, il se fait tatouer le bras gauche par Léa Nahon et le dos par Lenad. Et lorsqu’il se déplace à la convention de Londres, il espère se faire encrer par Thomas Hooper. Le tatoueur refuse, car d’autres artistes lui sont déjà « passés dessus ». Déception.

« J’ai beaucoup observé les travaux de la Boucherie Moderne. »

Laurent Z

Son style ? l’ornemental

Laurent Z est bon public en tatouage, il aime tous les styles : le réalisme, le japonais, le graphique, etc. tant que l’aspect technique est maîtrisé. Par contre, en tant qu’ancien architecte, c’est la ligne qu’il préfère encrer, il confirme : « Ma formation en archi se retrouve beaucoup dans mon tatouage. J’aime les lignes épaisses et les contrastes. Mais je veux que mon tatouage soit net et visible. Il doit être autant lisible à 10 mètres que si tu as le nez dessus. Je préfère privilégier le côté technique de la réalisation que le côté visuel. Si un tatouage est mal réalisé, le visuel impactera moins dans le temps. » Aussi, il fonctionne beaucoup avec le stencil. Son tatouage doit être adapté au corps de la personne. C’est un vrai tailleur sur-mesure. Le free hand, très peu pour lui, les lignes droites ne sont pas le fruit du hasard. Il rattrape parfois des lignes disparues au feutre, mais uniquement sur le floral.

Laurent pratique l’ornemental depuis 6 ans, mais le style n’était pas autant à la mode. Ça fait environ 3 ans que la clientèle vient vraiment pour son style qu’il améliore et affine. Il intègre beaucoup plus de figuratif dans ses motifs. Il tire de nombreuses influences de l’Asie. Il nous révèle : « En ce moment, je travaille autour des déesses indiennes. Je mixe le traditionnel avec l’ornemental. Le japonais m’a aussi toujours attiré. C’est si beau porté sur un corps. C’est un des styles de tatouage qui perdure. Je m’inspire des patterns des kimonos. De toute façon, le traditionnel américain, le japonais et le maori, ce sont les bases du tatouage. Mon inspiration est issue de toutes ces cultures. »

« En ce moment, je travaille autour des déesses indiennes. »

Laurent Z
Laurent Z – Tatouage Magazine 126

Un tatoueur à l’avenir radieux

Si Laurent n’aime pas être enfermé dans une case, environ 80 % de ses motifs tatoués sont de l’ornemental. Cependant, il peut tatouer d’autres styles, ce qu’il explique justement :

« J’essaie de tatouer ce qui me correspond. Mais je n’aime pas dire que j’appartiens à un style, je suis tatoueur et commerçant, je dois m’adapter à la clientèle qui vient me voir. » Il faut dire que le tatoueur est quand même booké plusieurs mois à l’avance. Il est aussi le boss de deux shops « L’encre noire », un situé à Aix-en-Provence et le deuxième à Marseille. Tous ses tatoueurs sont passés par son apprentissage, sauf le petit dernier Hugo qui encre du néo-trad. Laurent propose un large panel de styles de tatouage dans ces deux magasins, sauf le réalisme.

Et est-ce qu’il bouge en guest ? C’est un peu compliqué avec la famille. Il y a des contraintes de temps. Par contre, il organise parfois les vacances en fonction des évènements. Il a participé à des conventions à New-York, au Canada, en Angleterre, en Italie. Il rêverait de participer à des conventions en Asie, comme à Singapour ou en Thaïlande. Mais son objectif ultime reste la convention de Londres ! Laurent Z est un bosseur. Et c’est ce qu’il aime avec le Mondial du Tatouage, comme il confirme : « La première année que j’ai participé au Mondial, j’étais comme un enfant. J’ai beaucoup travaillé. J’ai fait des rencontres artistiques de qualité. » Vous pourrez le retrouver aux prochaines conventions de Lille et de Montpellier, puis au Mondial du Tatouage 2019. Il prépare aussi un guest chez son ami Lenad – l’ombre de ma rue, à Bordeaux.

Instagram : @laurent_z_tattoo

Instagram : @lencrenoiretattoo

Contact : laurentztattoo@gmail.com

AlexandraBay

Passionnée de tatouage depuis 20 ans +++ Auteure du livre LOVE, TATTOOS & FAMILY, (ISBN : 2916753214) +++ Co-Fondatrice de FREE HANDS FANZINE +++ TATTOW STORIES +++

1 Comment
  1. Bonjour Madame ,

    Merci pour vos articles de fond. Ils sont documentés et vivants.

    Je monte une collection autour du Tattoo depuis 2ans et j’ai besoin d’avis et de référents comme vous.

    Je continuerai de vous lire régulièrement .

    Pourrais je vous demander votre avis si j’ai une question sur un tatoueur ou une oeuvre?De façon mesurée bien sûr

    Bien cordialement.

    Manuel Voltz

    Ps: si vous voulez jeter un oeil à mon instagram, je mets tout en ligne au fur et à mesure @art_tattoo_collection
    je vais peut-être prendre une oeuvre de Ramon Maiden suite à votre article…

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Alexandra Bay

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Co-Fondatrice de FREE HANDS FANZINE + Fanzine sur l’histoire du tatouage TATTOW STORIES + Rédactrice et CM pour Tatouage Magazine

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