Ramon Maiden : du paradis aux enfers

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rédigé par Alexandra Bay

5 février 2017

Inking the borders of heaven and hell est le titre du recueil des œuvres tatouées du Barcelonais Ramon Maiden. Il fut le premier artiste connu pour orner des mains en bois articulées avec des tatouages de marins ou japonais ! Pourtant, Ramon n’est pas tatoueur ! Amoureux de l’art sous toutes ses formes, il s’amuse. Il détourne des affiches vintage, fabrique des ex-voto… Les icônes religieuses se transforment en diablesses sous le feutre noir de cet artiste autodidacte de 44 ans. Et, depuis de nombreuses années, ce tatoué intégral consacre sa vie à deux passions : l’encre et la course à pied !

Texte : Alexandra Bay, publié dans Tatouage Magazine

Ramon Maiden se définit comme un artiste atypique. En effet, il précise qu’il ne s’est jamais intéressé à l’art en tant que produit, mais comme une forme d’expression et d’auto-thérapie. Pour lui, c’est un moyen de transmettre et de se libérer de ses démons. Ainsi, Ramon est devenu artiste par accident et besoin émotionnel. Même s’il est né et a grandi à Barcelone, l’artiste se voit comme un citoyen du monde, en mouvement perpétuel.

Je n’ai pas pour habitude de beaucoup prévoir ce que je fais, je me laisse porter et je laisse les choses s’exprimer naturellement.

Ramon Maiden

Alexandra Bay : Tu as appris à dessiner tout seul, pourtant tes traits sont très précis, tes proportions parfaites. Quel est ton secret ?

Ramon Maiden : Ma technique relève d’un processus assez naturel et impulsif. Je ne me suis jamais arrêté pour me demander si elle était précise, conventionnelle ou plus ou moins esthétique. Ça sort, ça s’écoule tout seul.

J’ai toujours été attiré par ce qui est permanent et perpétuel. Ce qui est éphémère ne m’intéresse pas.

Ramon Maiden

A.B. : Quel est ton processus de création ?

Ramon Maiden : Il est calqué sur mon processus d’expression, à la fois désordonné et précis, élaboré et primaire, expansif et très intime. Je n’ai pas pour habitude de beaucoup prévoir ce que je fais, je me laisse porter et je laisse les choses s’exprimer naturellement.

New York m’influence de multiples manières, son dynamisme est contagieux.

Ramon Maiden

A.B. : Qu’est-ce qui t’a emmené à mêler art et tatouage ?

Ramon Maiden : J’ai toujours été attiré par ce qui est permanent et perpétuel. Ce qui est éphémère ne m’intéresse pas. Je me souviens avoir été attiré par le monde du tatouage, m’être tatoué moi-même ainsi que mes amis, à un âge assez précoce. J’ai su assez tôt que je finirai couvert de tatouages. C’était une question de temps… Combiner ma passion pour l’art et la création avec le tatouage fut une surprise très gratifiante et il est devenu évident que le tatouage a fini par devenir une nouvelle forme d’art.

Inking the borders of heaven and hell – The art of Ramon Maiden

A.B. : Tu dis avoir vécu à New York. Est-ce la raison pour laquelle tu es très influencé par le tatouage américain traditionnel ?

Ramon Maiden : New York m’influence de multiples manières, son dynamisme est contagieux. Je connaissais le tatouage américain traditionnel avant de me rendre dans la grande pomme, et voyager dans le sud des États-Unis fut la meilleure manière de voir son expression actuelle. Diverses formes et cultures liées au tatouage m’intéressent. Depuis le tatouage de marins en Europe du Nord jusqu’à l’art plus tribal ou les ré-interprétations du tatouage traditionnel.

J’ai une fascination pour l’histoire de manière générale, elle nous enseigne que nous ne devons pas oublier notre passé, si obscur et peu désirable, soit-il.

Ramon Maiden

A.B. : Quelles sont tes inspirations hormis le tatouage ?

Ramon Maiden : La meilleure manière d’être inspiré, c’est de voyager. Découvrir des ambiances, des couleurs, de références, des odeurs… Je stimule ma mémoire visuelle uniquement en voyageant. Le reste de mes références ne sont pas physiques, mais viennent des livres… Heureusement !

Inking the borders of heaven and hell – The art of Ramon Maiden

A.B. : Tu as également une grande fascination pour la guerre, tu parles d’héritage familial. De quelle manière est-ce que cela t’inspire ?

Ramon Maiden : J’ai une fascination pour l’histoire de manière générale, elle nous enseigne que nous ne devons pas oublier notre passé, si obscur et peu désirable, soit-il. En effet, oublier les erreurs conduit à les reproduire. En Espagne, nous avons vécu une guerre civile, un épisode que tout Espagnol devrait connaître et étudier afin que ça n’arrive plus jamais.

J’aime faire des expériences et travailler sur des matières différentes, mais il ne m’est jamais venu à l’idée de tatouer.

Ramon Maiden

A.B. : Comment trouves-tu les affiches que tu ornes de ton encre ? Comment les choisis-tu ?

Ramon Maiden : Habituellement, lorsque je vois une image j’ai déjà une petite idée de ce que je vais faire dessus, donc c’est assez facile de choisir. La recherche en revanche est moins évidente : voyager, se perdre dans les marchés, chez les antiquaires…jusqu’à tomber sur la bonne pièce. Après, il faut estimer si l’état de l’image permettra de travailler dessus, et puis il faut négocier le prix.

Inking the borders of heaven and hell – The art of Ramon Maiden

A.B. : Tu travailles autant le papier que le bois, notamment les célèbres mains décorées. N’es-tu pas tenté d’apprendre à tatouer ?

Ramon Maiden : J’aime faire des expériences et travailler sur des matières différentes, mais il ne m’est jamais venu à l’idée de tatouer. Mon travail actuel me permet de voyager, de travailler là où je me trouve, sans aucun engagement. Pas de rendez-vous, d’horaires, de salon… Je veux créer en étant libre.

A.B. : Quel est ton meilleur souvenir de tatouage ?

Ramon Maiden : Mes tatouages cartographient ma vie. On peut y lire les mauvais comme les bons moments, les échecs comme les réussites… C’est pour cette raison que chacun d’eux constitue un souvenir différent et particulier.

A.B. : Tu viens de sortir un livre, recueil de tes œuvres. Pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Ramon Maiden : Mon livre est l’aboutissement d’un parcours, d’années de travail. Je n’aurais pas pu le publier avant, sans avoir des choses intéressantes à montrer. Ça a été un processus très lent et complexe, mais aussi très gratifiant et très beau. Avoir mon livre était l’un des mini-rêves que j’ai toujours voulu voir se réaliser et je suis ravi du résultat.

Merci Marie-Caroline Braud pour la traduction.

Site Officiel

Inking the borders of heaven and hell – The art of Ramon Maiden

Graffito Books.com


Inking the borders of heaven and hell – The art of Ramon Maiden
Hardcover : 176 pages
Publisher : Graffito Books (November 1, 2015)
Language : English
ISBN-10 : 1909051179
ISBN-13 : 978-1909051171
29,99 £

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