L’encre sacrée de Wat Bang Phra

Chaque année, des milliers de disciples du Sak Yant, le tatouage bouddhiste, se font encrer au temple de Wat Bang Phra. Début mars, le célèbre sanctuaire thaïlandais organise le festival Wai Khru dédié aux maîtres tatoueurs. Les Sak Yant protègent ses disciples et leur confèrent des pouvoirs surnaturels. Durant le festival, les possédés du Yantra entrent en transe et sèment le chaos. Ils laissent dans leur sillage une forte aura mystique.

Texte : Alexandra Bay Photos : Sean Edison, Jack Kurtz, Guillaume Payen, Vichan Poti/Pacific Press, Chaiwat Subprasom/SOPA Images via ZUMA Wire

Publié dans Tatouage Magazine 134 - Version numérique en vente sur https://www.tatouagemagazine.fr/

À 50 km à l’ouest de Bangkok, Wat Bang Phra est le temple des dévots du Sak Yant. Le mot Sak signifie tatouer et le Yant est un dessin géométrique agrémenté de Katas, des prières bouddhistes. Début mars, le festival annuel Wai Khru accueille plus de 15 000 disciples, des Thaïlandais, mais aussi des touristes de passage. En Thaïlande, le Wai Khru est une cérémonie commune à toutes les professions. Le mot Khru — ou Kru — est une contraction du thaïlandais Kuru, traduction du sanscrit Guru qui veut dire enseignant. Ainsi, le festival Wai Khru du temple de Wat Bang Phra rend hommage à ses professeurs tatoueurs, les Khru Sak. Experts du Sak Yant, les maîtres lisent le Pali une langue indienne très ancienne. Ils maîtrisent l’alphabet khmer et les Yant. Ils connaissent par cœur les chants de bénédiction et insufflent des pouvoirs occultes aux Sak Yant. L’icône des Khru Sak est le moine vénérable Luang Phor Pern, le 8e abbé du temple. Son imposante statue trône dans le parc de Wat Bang Phra.

Luang Phor Pern a dirigé le sanctuaire pendant 40 ans et jusqu’à sa mort en 2001, à l’âge de 79 ans. Son corps momifié repose dans un cercueil en verre, accessible aux disciples. Le Khru Sak était une figure populaire locale. Ainsi, le site Sak-Yant.com affirme que son Yant était « réputé pour sa beauté esthétique, mais aussi pour son pouvoir ». Il a transmis son savoir-faire à cinq moines de la lignée Wad Bang Pra, toujours en activité au temple. Surnommé le roi des tigres, Luang Phor Pern était également reconnu pour ses nombreuses amulettes de protection. Bénies par le bonze, elles ont les mêmes pouvoirs extraordinaires que les Sak Yant. D’ailleurs, les disciples les accumulent autour du cou, tels des lucky charms. Celle de Luang Phor Pern est un dessin du moine qui médite sur un tigre bondissant. Grâce à cet expert du Sak Yant, Wat Bang Phra est devenu la Mecque du tatouage. Sa réputation a largement dépassé les frontières de la Thaïlande.

Gao Yord
Gao Yord

À la fin de la séance, le moine chante un kata, tout doucement. C’est la seule manière d’activer les vertus ésotériques du Sak Yant.

Merci de soutenir ce blog !

Achetez cet article ou abonnez-vous.

Acheter cet article

Déverrouillez cet article et obtenez un accès permanent pour le lire.
error: Ce contenu est protégé.
Are you sure want to unlock this post?
Unlock left : 0
Are you sure want to cancel subscription?
0 Partages
Partagez
Tweetez
Partagez
Enregistrer