Quels sont les styles de tatouage ?

Quels sont les styles de tatouage ?

L’art du tatouage offre une multitude de styles aux adeptes de l’encre. On rêve d’îles lointaines avec les tatouages de marins, le Polynésien ou le japonais. Immortels, ces styles possèdent une culture ancestrale de l’encre. Ce sont les valeurs sures du tatouage. Alors que les prouesses technologiques ont favorisé l’émergence de nouvelles pattes graphiques. Les couleurs sont encore plus résistantes au temps qui passe. Les adeptes de Blackwork portent des motifs aux aplats de noir toujours plus obscurs. Et les férus de graphique ornent leur corps de vraies œuvres d’art aux couleurs ultras pétantes. Que vous soyez « tattoo patchwork » ou adepte d’un style unique, on vous dévoile la palette des encres qui composent le Xe art.

Le style Japonais

L’horimono (tatouage) est une pratique ancestrale qui remonte à l’ère Jômon (10 000 à 300 av. J.-C.). Le tatouage traditionnel se pratiquait à l’aiguille, le tebori. La marque était soit punitive, le Bokukei, clanique ou aristocratique, l’Irezumi. À l’ère Meiji, en 1868, le tatouage est interdit, mais les marins qui passent par là exportent les plus beaux dragons aux confins du monde. Dans l’ombre, l’encre du tebori est vite associée à la marginalité. Les yakuza s’en approprient les codes. Dans les années 50, Sailor Jerry, tatoueur américain, entretient des correspondances avec de grands maîtres Horishi. Le style japonais devient une grande source d’inspiration pour les tatoueurs occidentaux. Ses symboliques puisent leur origine dans la religion shinto, le folklore ancien et autre mythologie.

Quelques artistes : Baki @baki_ots – Horitomo @horitomo_stateofgrace – Wendy Pham @wendyphamtattoo – Yom @_yom_ – Hary Wild Blood – @harywildblood – Fabien Plestcher @fabienletatoueur

Le style traditionnel américain

Le traditionnel Américain (ou Trad US) est le tatouage des marins. Ils ont adopté l’encre lors de leurs expéditions dans les îles lointaines, à la fin du XVIIIe siècle. Avec une vie maritime, plutôt rude, les matelots sont superstitieux. Ils s’encrent des motifs pour conjurer le sort. Inspiré des techniques polynésiennes, le marin tatoueur utilise un faisceau d’aiguilles. À l’apparition du dermographe électrique, en 1891, la culture du traditionnel US se développe et s’étend au sein des terres. Les designs évoluent, mais restent dédiés à la navigation, l’amour et la religion. Le traditionnel se démarque par ses lignes épaisses noires et sa palette de couleurs limitée. Dans les années 70/80, il est réinterprété par la Kustom Culture et devient populaire en France dans les années 90. On l’appelle alors Old school, vieille école. Le style prend un nouveau relief et donne du volume aux motifs classiques.

Quelques artistes : Myke Chambers @Myke Chambers – Samuele Briganti @samuelebriganti – Dani Queipo @daniqueipo – Kirk Jones @kirk_jones_tattoo –   Monti @monti_tattooer – Jonathan Perle @jonathan_perle – Iannis SR @iannis_letigre – John Stone  @john_stone_tatouage

Le style Tribal

L’encre tribale est aussi ancienne que l’écriture. Elle remonte à des milliers d’années. D’ailleurs, « tribal » est un terme générique fourre-tout. Il englobe les tatouages des tribus ancestrales de Polynésie à Bornéo. Les points communs entre toutes les tribus sont l’utilisation de l’encre noire, des aiguilles ainsi que leur lien indéfectible à la nature. Elle joue une rôle très important et le tatouage renforce l’âme spirituelle. Dans les années 80/90, Leo Zulueta a popularisé le tribal. Il a ainsi marqué au fer rouge, de sa patte modernisée, l’appellation du terme « tribal ». Avec ses volutes et ses larges aplats de noir inspirés de Bornéo, le tatouage de Leo Zulueta est devenu si populaire que le « style » tribal s’est dilué perdant toute sa force. Depuis quelques années, à la recherche du rituel et du sacré, les adeptes de l’encre primitive ont repris du poil de la bête de même que la technique du handpoke.

Quelques artistes phares : Leo Zulueta @leo.zulueta – Hanumantra Lamar Facebook : @HanumantraLamar – Alex Binnie  @abinniepaperandskin – Victor J Webster @victorjwebstertattoo – Elle Mana Festin @spiritualjourneytattoo – Sybarite handpoke @sybaritehandpoke – Jay Sampaguita est en apprentissage de hand tap philippin @sampaguitajay_tattoo

Le style Polynésien

Même si les encres du Pacifique Sud sont généralement englobées dans le style tribal, elles possèdent leur propre appellation, le Polynésien. La Polynésie est un archipel d’îles dont le territoire triangulaire est délimité par Hawaii, la Nouvelle-Zélande et l’île de Pâques. Il est donc compliqué de généraliser avec une appellation encore « fourre-tout ». On distingue principalement le marquisien, le samoan et le maori, mais il existe pléthore de styles. De tradition orale, les « polynésiens » se servaient de l’encre des dieux pour transmettre leur culture. Au 18e siècle, lors de son expédition dans les îles océaniennes, le capitaine Cook observe la pratique du « tatau »(issu de TA : dessin inscrit dans la peau – ATUA : dieu) qu’il transforme en « tattoo ». Le mot est inscrit au dictionnaire pour décrire l’acte d’encrer la peau. A l’arrivée des missionnaires au début du 19e siècle, le tatouage est interdit. Bien que les polynésiens ne soient pas si faciles à soumettre, progressivement, la pratique se perd. La colonisation et la religion transforment les autochtones qui, par souci d’intégration, arrêtent de pratiquer l’art de l’encre. Seuls certains outrepassent les interdictions et perpétuent la tradition en cachette. Ils utilisent même l’artisanat traditionnel pour raconter l’histoire des dieux. A l’heure actuel, le célèbre moko est devenu un acte militant. Quelques personnalités féminines polynésiennes réaffirment leur identité culturelle grâce à ce tatouage sur le menton. Comme le trad US et le japonais, le polynésien est un style intemporel pour peu qu’il soit respectueux des codes.

Quelques artistes : Sulu’ape Keone Nunes @suluape_keone – Chimé @chime_tahiti_tatau – Roonui, Purotu – Moana Toa Tattoo @moanatoa – Psychopat @psychopat.hannyatattoo – Tialetagi Helder Taimoana @taimoana_tialetagi

Le style New school

À ses débuts, dans les années 90, le New School reprend essentiellement les symboliques « old school » : cœur sacré, hirondelles… Il les triture, leur donne du volume et réinterprète les compositions. D’ailleurs, on retrouve dans l’art du dessinateur Coop de nombreuses références new school issues de la Kustom Kulture et de la culture populaire américaine : films de série Z, univers Tiki, cartoons, comics… Un vent de liberté souffle sur l’univers du tatouage et le libère de ses contraintes. Puis, il se départ du style old school avec l’émergence de nouvelles écoles, dont celle du graffiti. Le new school englobe alors toutes les formes de tatouage qui ne ressemblent pas aux styles traditionnels. Créatif, il modernise définitivement le tatouage par ses thématiques et sa technique. C’est un style ultra populaire. Il ouvre la voie à de nouvelles inspirations graphiques.

Quelques artistes : Jesse Smith @jessesmithtattoos – Josh Peacock @joshpeacock_obe1 – Jamie Ris @jamieris – Nathan Evans @nathanevans32 –  Toma Sickart @toma_sickart – Flo Cake @flo.cake.tattoo – Déder @deder_tattoo_artist – Double V @doublev.tattoo

Le style Réalisme

Fin des années 80, début 90, les tatoueurs ne sont pas forcément tous d’excellents dessinateurs, mais ce sont de bons copistes. On reproduit les flashs et tatouages des magazines. L’iPad n’existe pas encore ni Internet d’ailleurs. Alors, on crayonne et on reproduit à l’œil. Selon Freddy Negrete, le réalisme noir et gris aurait ses origines dans la culture carcérale chicano en Californie, dans les années 70. En France, le style a la cote dans les années 90. Les bons tatoueurs se démarquent grâce à leur souci du détail. Les prouesses techniques font suite aux avancées technologiques. La magie du réalisme est de donner vie à des tatouages, de manière presque palpable. Méfiez-vous de Photoshop  : les couleurs trop éclatantes ou les noirs trop profonds sont souvent signe de retouches, même si certains artistes sont très doués !

Quelques artistes : Tin-tin @tin_tin_le_tatoueur – Matteo Pasqualin @Matteo Pasqualin – Jack Ribeiro @byjackribeiro – Matt Jordan @mattjordantattoo – Bruno Old bird @bruno.oldbirdtattoo – Gio @el_barrio_tattoo_company – Jordan Hartel @jordan_hartel

Le style Biomécanique

Le biomécanique ou biomeca a marqué la fin des années 80/90 comme un style dark mais ultra moderne. On est à l’époque du 1er Terminator, d’Alien et du cyberpunk. La vision futuriste de l’artiste plasticien suisse H.R. Giger est à l’origine du style. Son art devient particulièrement populaire à la sortie d’Alien. Son art modifie le corps humain en machine parfaite. Ça colle au début des modifications corporelles considérées extrêmes. Le biomeca est l’alliage parfait entre l’homme et la machine. Le style se caractérise par des parties du corps où la chair déchirée laisse entrevoir des éléments mécaniques et organiques. Les composants sont encrés de manière réaliste avec une sensation de relief. Le fer de lance de ce style de tatouage reste le tatoueur Dark Paul Booth. Pour ce style, on vous conseille un tatoueur qui maîtrise parfaitement le style réalisme.

Quelques artistes : Markus Lenhard @luxaltera – Kylturmultur @kylturmultur – Didier Ra @didier.ra – Jules D. @blackbubble_art

Le style Graphique/Contemporain

En France, le style graphique a émergé avec force, début  00’s. Quelques artistes avaient déjà une démarche contemporaine comme le célèbre Bugs. Mais les jeunes artistes issus des écoles d’art se sont imposés comme les tatoueurs de la nouvelle génération graphique. On ne peut s’empêcher de citer le français Yann Black et sa démarche résolument moderne, avec ses silhouettes enfantines, ses lignes noires et aplats abstraits. Les fondateurs de la Boucherie Moderne, à Bruxelles, sont également de la partie, comme Kostekstekkos et Jef Palumbo. L’école graphique a ouvert la voie aux expérimentations toujours plus créatives, hors des sentiers battus.

Quelques artistes : Yann Black @yannblacktattoo – Jef Palumbo @jefpalumbo – Kostekstekkos @kostekstekkos – Lionel Out of Step @lioneloutofsteptattoo

Le style Ornemental/Floral

L’ornemental et le floral ont la cote depuis une dizaine d’années. C’est un tatouage qui habille le corps avec grâce. Il ne revêt pas de symbolique particulière même si les sources d’inspiration sont souvent issues des cultures d’Asie ou d’Orient. Toutes les belles arabesques ou rosaces que l’on retrouve sur les tissus, les broderies ou objets d’art peuvent se transformer en magnifiques tatouages. Les motifs floraux sont aussi une source d’inspiration inépuisable comme la magnifique feuille d’Acanthe. Le tatouage ornemental est comparé à un bijou de peau. C’est un tatouage unisexe même si beaucoup de femmes flashent dessus. L’ornemental se réinvente sans cesse et sied à merveille sur un corps complet.

Quelques artistes : Daniel Di Mattia @danieldimattiacalypsotattoo – Laurent Z @laurent_z_tattoo – Sandra Massa @sandra_massa_tattoo – Clarisse amour @clarisseamourtattoo – Marine Ishigo @marine_ishigo_tattoo – Susanna Tattoo @susanna_tattoo

Le style Blackwork

Le blackwork regroupe tous les tatouages à l’encre noire : larges aplats de noir, fines lignes et points dot. Récemment, une tendance bien dark avec une pointe de médiéval a émergé, inspirée de toute une iconographie mystique, mêlant l’ésotérisme et l’alchimie. Les illustrations sont sombres et détaillées comme dans les plus belles œuvres des maîtres de la gravure Gustave Doré et Albrecht Dürer. Il souffle un air de black métal sur les réalisations de blackwork : corbeau, maille de fer et fléau d’armes. Les grandes pièces sont bien plus impressionnantes avec les petits détails en dots (petits points) et fines lignes. L’univers du blackwork est dark et majestueux.

Quelques artistes : Alexander Grim @alexandergrim – Rob Borbas @grindesign_tattoo – Maud Dardeau @mauddardeau – Willem Sanpiternel @willem.sangpiternel – Dorothy Purple @dorothy_purple – Thomas Boulard @thomasboulardtattoo – Weeping Hyena @weeping_hyena – Madness @_madness_art – Jean’cre noire @jeancrenoire – Ergo @ergo.ta2

Le style Néo-traditionnel

Le néo-traditionnel est une version romantique et modernisée du Trad, loin de l’esprit fun du new school. Le néo-Trad reprend les thématiques chères au traditionnel mais avec du volume et des contrastes bien plus forts. Il axe ses motifs autour de thèmes animaliers et floraux. Il puise parfois son inspiration dans des courants anciens comme le Japonisme de la fin du XIXe siècle ou l’Art nouveau du début du XXe, ce qui lui donne une esthétique surannée. Les compositions sont luxuriantes et riches en détail. C’est un style illustratif avec de forts contrastes et une palette de couleurs chaudes ou froides, mais aux tonalités proches. Le néo-Trad est une valeur sûre et restera ancré dans la culture populaire du tatouage.

Quelques artistes : Lolie @lolie_kiwi – Dino Nevroz @dino_nevroz_tattoo – Léon Tattoo @cameleontattoo – Grima Tattoo @grimatattoo – Julien Cauty @juliencauty – Clara Goupy @claragoupy_tattoo – FRK @frk.tattoo

Le style Manga/Kawaii

Fin des années 80, on découvre les animes japonais avec le Club Dorothée. On se marre avec le College Fou Fou Fou. On est tenu en haleine par Dragon Ball ou Juliette Je t’aime, au choix. Puis en 1990, Akira lance furieusement la tendance manga, même les mags intellos en parlent. En 2000, le japon et sa geek culture connaît un vrai essor. On est fan du look excentrique des jeunes Japonais, de leurs jeux vidéo et de leurs gadgets inutiles. En 2001, Chihiro enchante le public et Myazaki inspire la nouvelle génération restée une enfant dans l’âme. Le manga et le kawaii inspirent le tatouage, régressif, coloré et fantasque. Le manga est aussi fun et coloré que le new school, contours noirs et couleurs solides.

Quelques artistes : Davee Blows @daveeblows – Rudy Mud rudymud – Sharlotte San @sharlottesan – Pömme @pomme.tattoos – Mask Vader @maskvader – Yago the bear @yagothebear – Dualypulp @dualypulp.tattoo – Lunie Chan @luniechan

Le style Pop Culture

La génération skate des 90’s fan des Simpsons et des Goonies, biberonnée à la TV et aux BDS, s’est mise à gribouiller les peaux et détourner ses icônes préférées pour les adapter au tatouage. Irrévérencieux et ultra colorés, les motifs rendent hommage aux symboles d’une jeunesse qui ne veut pas vieillir : South Park, les Simpsons, Scoubidou, etc. Certains osent mixer les anime et les comics pour un résultat très drôle comme Yago the Bear. À l’image du new school ultra coloré et très second degré, les tatouages d’inspiration pop ne se prennent pas au sérieux et rendent hommage à toutes les icônes barrées de notre petit écran.

Quelques artistes : Davee Blows @daveeblows – Rudy Mud rudymud – Sharlotte San @sharlottesan – Pömme @pomme.tattoos – Mask Vader @maskvader – Yago the bear @yagothebear – Dualypulp @dualypulp.tattoo – Lunie Chan @luniechan

Les styles Géométrique — Dot – Mandala

Le style géométrique peut être perçu sous un aspect purement esthétique ou mystique. C’est la raison pour laquelle on l’appelle aussi « Sacred geometry ». Le tatouage géométrique n’est pas seulement un assemblage de lignes et de figures aux équations mathématiques parfaites. Associé aux mandalas, le géométrique diffuse une aura bien plus mystique. Car le mandala est un dessin bouddhiste pour la méditation. Les différentes combinaisons de figures, souvent complexes, aident à la progression initiatique et à la méditation. Le style géométrique est souvent agrémenté d’ornements en dot.

Quelques artistes : Thomas Hopper @thomas__hooper – Dillon Forte @dillonforte – AZL Tattoo @azlmtl – Lewis @lewisink – Ben Gicqueau @ben_gicqueau_tattoo – Bruno Fossepré @blackti08 – Mikki Bold mikkibold – Nadoz @nadoz_tattoo

Les styles Chicano/Religieux

En 1943, ce sont les émeutes de « Zoot Suit », les gangs de pachucos se révoltent contre les militaires en stationnement à Los Angeles. Ce sont les prémisses de la culture « chicano », la fierté d’être Latino aux USA. Le terme s’applique désormais aux autres communautés : Salvadorienne, Colombienne, etc. Le lifestyle « chicano » prend son encrage à Los Angeles. Effet ghetto, les gangs ont de l’emprise sur les quartiers latinos et la case prison est le studio de tatouage idéal. Mais la culture chicano ne se résume pas à la prison, fort heureusement. Il y a le graffiti déjà présent à l’époque des pachucos. L’art mural s’exporte sur la peau. Le tatouage chicano reprend aussi les symboliques du folklore traditionnel mexicain et l’iconographie religieuse.

Quelques artistes : Mister Cartoon @misterctoons – Chuco Moreno @chucomoreno95237 – Freddy Negrete @freddy_negrete – Laura Satana @laurasatana

Les styles Lettrage et Calligraphie

Le lettrage et la calligraphie ont toujours fait partie intégrante des différents styles de tatouage : traditionnel, chicano, trash polka, new school, etc. Il a pris une telle ampleur qu’il est devenu une spécialité à part entière qu’on appelle « lettering ». L’école graffiti n’est pas totalement étrangère au phénomène. Il existe même un collectif dédié au « lettering ». C’est le « Born to script Familia » (@born2script_krew) avec Feel Delas, excellent tatoueur toulousain. La beauté de la calligraphie n’est pas oubliée et appartient sans conteste au genre. On admire les pleins et les déliés des lettres stylisées en noir et gris, et les ombrages encrés avec parcimonie. Un beau lettrage ou une belle calligraphie demande de la précision technique et une bonne orthographe, pas question de se retrouver avec « pas de regerts » sur la peau.

Quelques artistes : Feel Delas @feeltattooartist – Fat Kush @fatkush_mgt – Chocos GS @chocosgs – Adr Tattoo Letters @adr_tattooletters – El Carnicero @el_carnicer0

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