Pratique

Quel est le prix d’un tatouage ?

Alexandra Bay

Quel est le prix d’un tatouage  ? Voici une question bien légitime à laquelle je vais tenter de répondre. Prends en considération de nombreux paramètres comme le statut de l’artiste, ses frais matériels, ses éventuelles charges et sa notoriété. Pour un encrage à vie, réfléchis bien et fixe un devis avec le tatoueur de ton choix. Si tu n’as pas beaucoup d’argent, choisis une petite pièce ou alors, économise !  

Texte : Alexandra Bay

@ibrahim boran Unsplash

C’est un sujet parfois tabou/sensible, selon les tatoueurs. C’est pourtant légitime d’anticiper son budget et en même temps, un tatouage à vie, ça s’investit. Le premier critère à garder en tête est la qualité du travail. Si tu n’as pas les moyens, revois tes ambitions ou économise avant de sauter le pas. En général, les artistes définissent un tarif horaire. Cependant, certains tatoueurs, notamment dans le traditionnel Américain, travaillent encore avec des flashs (motif encré à l’infini) à prix fixe. Les petites pièces oscillent entre 80/100 euros. Selon la grandeur du motif et le nombre d’heures en perspective, le tarif à l’heure peut être légèrement dégressif.

Il est difficile de fixer un prix « de base », car il y a de nombreux critères à prendre en compte : la taille de la ville, le prix des loyers, le statut déclaré du tatoueur, sa notoriété, etc. Par exemple, Lorie Garcia travaille dans un atelier privé à Bonnes (86) et prend 100 euros de l’heure ; tandis qu’Alice Patalucci du street shop « Buzz Tattoo » à Rennes, demande 120 euros. Il reste une variable indiscutable, celle de la renommée. Si la demande est supérieure à l’offre, il est parfois nécessaire de réunir quelques économies par avance. Une œuvre d’art, ça se mérite !

Tarifs et promos

Fuis les boutiques qui mettent leurs tarifs en avant « si vous trouvez moins cher ailleurs, on vous rembourse ». Vu avenue Jean Jaurès à Paris, il y a une dizaine d’années, 15 euros le tatouage plus une valise à roulettes offerte. Non, ce n’est pas une blague. Une promotion peut cacher un cruel manque de clients ou de talent. Il est évident que certains tatoueurs reconnus proposent parfois une opération de communication avec un tatouage à la clef, mais ce n’est pas la même démarche. Les temps sont durs pour tout le monde.

Fuis le tatoueur en tarif « roue libre ». Un artiste/artisan expérimenté doit pouvoir fixer un prix selon le motif, sa taille et son placement. Il est capable de projeter le nombre d’heures de travail et donc, le prix du futur tatouage. Certains tatoueurs organisent des journées spéciales : « Walk-In Day ». Le concept est premier arrivé, premier servi. À cette occasion, le(s) tatoueur(s) propose(nt) une série de dessins préparés avec des tarifs prédéfinis, parfois sur un thème précis : Halloween, la Saint-Valentin, etc. Tu te déplaces et prends rendez-vous le jour même.

Un investissement à vie

Garde à l’esprit que tu porteras ce tatouage toute votre vie. Je te le dis tout de go, le laser coûte bien plus cher et fait bien plus mal que le tatouage… Si tu as une démarche « tattoo » purement esthétique, sois d’autant plus attentif au talent de l’artiste qui va t’encrer, quel que soit le prix. Le métier de tatoueur paraît ultra fun, mais il représente un sacré investissement matériel : aiguilles, machine, encres, vaseline, etc. Surtout s’il veille à encrer dans les meilleures conditions sanitaires, avec du matériel et des encres professionnelles haut de gamme.

Au-delà de ces raisons « matérielles », si ta démarche est bien de t’adresser à un artiste tatoueur en tant que tel (autrement dit, qui réalise des œuvres originales*), sa notoriété, la reconnaissance de son travail et sa diffusion (locale, nationale, mondiale…) auront inévitablement un impact sur le prix final du tatouage. Pour autant, les plus demandés ne sont pas toujours les plus chers… Mais les moins chers ne sont généralement pas les plus demandés !

@DR

Le dessin, un temps travaillé

Il existe des frais inhérents à toutes les professions indépendantes, sans compter les charges additionnelles incombant aux boutiques « ayant pignon sur rue ». Si tu as opté pour le choix d’un motif plutôt que pour le choix d’un tatoueur, il doit quand même dessiner ton futur tatouage et ça peut demander plusieurs heures de travail. Il faut insister sur cette notion de travail, car aussi créatif et talentueux que puisse être un tatoueur, il n’en reste pas moins que la préparation du dessin n’est pas un hobby. Chaque projet impliquant parfois (voire souvent) du temps en dehors des horaires d’ouverture du studio, le professionnel en tient compte dans sa tarification.

Certains artistes proposent directement leurs créations/flashs sur Instagram, puis via message privé, ils communiquent la taille du motif et le prix fixe. Ils proposent, tu disposes. Les échanges sont instantanés et les créneaux se bloquent rapidement. Pour autant, reste méfiant, scrute le profil du tatoueur, son parcours, ses différentes pièces, sa réputation Google, etc. Instagram est un réseau social qui valorise trop les tatouages avec des pièces fraîches et non cicatrisées, plus des filtres ultras contrastés.

L’original à gauche, les copies à droite : Charlie Connell, sucky panther yoda par un inconnu

Éviter les regrets

Pour autant, il ne faut pas en déduire que des tarifs élevés garantissent le résultat. En effet, il existe de très bons tatoueurs à des prix abordables, eh oui ! Ne te contente pas de t’adresser à l’enseigne la plus proche… Ou la moins chère. C’est le risque de gâcher ton « investissement »… Si le motif proposé est très détaillé, évite également de le faire réduire pour cadrer avec ton budget. Plus un tatouage est détaillé, plus il doit être aéré, de bonne taille pour bien vieillir. Combien de clients reviennent pour agrandir un tatouage vieux de quelques mois seulement ? La dépense finale dépasse alors de loin le fameux budget prévu…

On fuit les mauvais tatoueurs qui donnent des tarifs attractifs pour se faire la main sur votre couenne. Si vous vous retrouvez avec une pièce mal piquée, vous n’aurez que deux alternatives. La première consiste à chercher un nouveau tatoueur afin qu’il réalise un « cover » (recouvrement) du tatouage raté… par une pièce au moins deux fois plus grande. Le tatouage au final est payé deux fois, voire plus. La seconde option s’appelle détatouage. Dans ce cas, préparez-vous à la vraie douloureuse, car il vous faudra généralement tabler sur plusieurs séances pour réussir à effacer les pigments souvent tenaces. De 80 à 200 euros la séance, l’économie se révèlera complètement ratée !

A gauche : inconnu – A droite : Fabien Pletscher

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