Chargement

Tapez pour rechercher

Nicoz Balboa, la tatoueuse romaine

Française d’adoption depuis 2001, Nicoz Balboa est une artiste accomplie qui a su affirmer son univers sur tous les supports : du papier à la peau.

Son trait fin et délicat ainsi que ses couleurs pastel nous offrent un univers empreint de sensibilité aux reflets parfois obscurs. De petites filles aux longs cheveux côtoient les loups de contes de fées, amoureuses de ces redoutables prédateurs.

Un univers féérique où les héroïnes aux allures fragiles sont les icônes de mises en scène parfois étranges. Si l’italienne fréquente le body art depuis l’adolescence, elle s’est lancée il y a 3 ans dans une carrière de tatoueuse. Avec un succès grandissant, Nicoz Balboa n’a pas fini d’encrer ses pièces uniques sur les peaux.

Nicoz Balboa

Passion du fanzinat et des arts

Aussi loin qu’elle se souvienne, la romaine Nicoz Balboa a toujours été attirée par les arts graphiques et le tatouage. A l’adolescence, elle exerce ses talents en option arts appliqués dès le lycée. Et en 95, avec de bonnes copines, elle créait « Catholics girls » – inspiré d’un titre de Franck Zappa – un fanzine qui mélange dessins, bd, interviews et musique de Riot grrrls. Inspirée des œuvres autobiographiques de la canadienne Julie Doucet , Nicoz traduit en italien des planches de l’artiste pour les publier dans le fanzine.

Elle envoie alors à Julie Doucet son projet de publication accompagné d’une interview. Alors que Nicoz craint sa réaction, Julie Doucet la remercie pour son travail de traduction et répond à son interview. Les deux « grrrls » se rencontrent en 2002 lors d’une exposition à Paris et se retrouveront par la suite sur plusieurs projets notamment en collaboration avec « Dernier cri » et le fanzine « Vagina Mushroom ».

Après « Catholics Girls » et influencée par Julie Doucet, en 1996, Nicoz décide de lancer son fanzine solo « Caccapiscia » (Pipi Caca en italien) avec des sketchs autobiographiques, premières ébauches de ses « Momeskines ».Ce sont ses premiers pas d’artiste dans l’illustration. Ses dessins ne sont ni contestataires, ni politiques, même si les musiques ou autres formes d’art anticonformistes inspirent son trait.

Nicoz Balboa

Rencontre à Paris

En 2001, l’italienne débarque à Paris. Imprégnée par les magazines « tattoos », elle rêve de se faire encrer par Tin-tin. Perdue dans la capitale,Nicoz Balboa appelle son pote Giuseppe Ormando – « Till Death Tattoo » – à Rome qui lui indique l’adresse de rue Saint-Sébastien, sauf que le tatoueur a déménagé à Pigalle.Pas de chance, l’info était issue d’ un vieux « Tattoo Life ».

Rue Saint-Sébastien, le shop tattoo existe encore et c’est Luc, un ancien apprenti de Tin-tin, qui la reçoit. A l’accueil, elle sympathise avec Chris Coppola qui lui suggère un autre tatoueur pour son projet de sirène sur l’avant-bras gauche : Guicho.

Nicoz ne le sait pas encore, mais cette rencontre va sceller son installation à Paris.

Nicoz Balboa

Elle poursuit ses études d’art à Pennighen et vit le tatouage au quotidien, en couple, avec Guicho. Chris quitte la boutique et Nicoz Balboa le remplace à l’accueil tout en assurant le piercing, le nettoyage des locaux et la stérilisation des aiguilles, etc. Elle touche enfin un vrai salaire pour cette activité qui la passionne.

Recherches artistiques

Nicoz Balboa jongle entre tatouage et illustration. Elle affine son identité graphique, désormais identifiable : fines lignes et couleurs pastel. Son dessin offre une vision romanesque de personnages humains ou animaliers mis en scène dans un univers féérique mêlés à des symboliques volontairement plus trashs. Elle teste tous les supports, du bois à la bâche en plastique. Son art n’a pas de limite technique, destiné à être retranscris sur la peau.

Ce qu’elle admire dans l’art ? L’expression sincère de l’âme artistique en phase avec l’œuvre produite. Pour elle, la copie relève uniquement du trait pour trait. En effet, « les inspirations sont des contaminations, des tendances dans l’air du temps qui imprègnent les personnalités ».

On retrouve dans ses influences, pour ne citer que les plus connus : l’artiste britannique à forte personnalité Tracey Emin, l’illustrateur britannique onirique Arthur Rackam, la peintre mexicaine féministe et révolutionnaire Frida Kahlo, le roi du street art Basquiat et le peintre contemporain « biz’art » Mark Ryden.

Nicoz Balboa

De Paris à la Rochelle

Son travail d’illustration commence à trouver écho, Nicoz Balboa est publiée dans : Target Magazine, Rugged, Kult, Juxtapoz. Un magazine de tatouage français lui consacre même un article, début de la reconnaissance.

Nostalgique de l’océan, Guicho se lasse du bitume parisien, alors en 2004, le couple met les voiles direction la Rochelle, la ville natale du tatoueur. Ils ouvrent leur propre boutique de tatouage «Outsider Ink» et une galerie d’art, la « True Hate Art Gallery ».

Elle gère l’accueil et le piercing d’ « Outsider Ink » tout en assurant l’organisation des expositions de la « True Hate Art Gallery ». Gérante avec Guicho de la boutique, l’italienne commence à tatouer, mais ses illustrations ne correspondent pas à l’idée qu’elle se fait du tatouage.

Nicoz Balboa

Des débuts timides

Nicoz Balboa a peur de transgresser les règles du milieu et le tatouage graphique n’est pas encore à la mode. Seuls Yann Black, Kostek ou Lionel Fahy commencent à trouver leur place.

En 2012, une amie lui demande d’encrer l’une de ses pyrogravures : une frêle jeune fille aux longs cheveux se love dans les bras d’un loup imposant. Ce premier essai est un vrai succès et d’autres client(e)s sollicitent Nicoz pour se faire piquer ses illustrations.

Elle prend son envol de tatoueuse, soutenue par son amie Viola Von Hell du Ten Bells (Rome) et Mallo (Instagram – @califostia). Elle aime construire des projets avec ses clients et travaille de moins en moins au flash. Elle adapte ses illustrations aux contraintes tattoos, allège les détails et garde l’essentiel.

Nicoz Balboa

Une carrière lancée !

En 2013, on retrouve Nicoz Balboa en guest chez Mystery Tattoo Club à Paris et Ten bells à Rome. Elle affine sa technique grâce aux précieux conseils de ses collègues Sacha, Karl Marc ou Just et gagne en rapidité. Mais la mama italienne a du mal à laisser sa fille, la petite Mina. La prochaine étape ? L’ouverture de son atelier privé, un projet à suivre.

Si Nicoz se concentre sur le tatouage, elle poursuit son travail d’illustration et livre son quotidien dans ses « moleskines ». Une œuvre mêlant journal intime et illustrations. Igort, artiste italien et éditeur décide d’en assurer la publication en quatre tome, disponible d’ici la fin de l’année en anglais, italien et français. Un travail de longue haleine.

Nicoz Balboa – La Rochelle, Paris, Rome
 SITE WEB _ INSTAGRAM _ FACEBOOK 

Mon reportage photographique sur la tatoueuse italienne.

Tags:
AlexandraBay

Passionnée de tatouage depuis 20 ans +++ Auteure du livre LOVE, TATTOOS & FAMILY, (ISBN : 2916753214) +++ Co-Fondatrice de FREE HANDS FANZINE +++ TATTOW STORIES +++

  • 1

1 Comments

Laisse un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

error: Ce contenu est protégé.