Missy Macabre, grande prêtresse des sideshows

**

Rebecca Johnson alias « Missy Macabre » est une jolie rousse à la peau diaphane parsemée de pivoines, un symbole de confiance en soi et d’audace ! Son arbre généalogique retrace une lignée de professionnels du spectacle itinérant. Missy Macabre perpétue la tradition familiale. Performeuse depuis 13 ans, l’Anglaise mêle le fakirisme et le burlesque dans des freaks shows tout en féminité. On vous présente celle que la presse britannique surnomme « Sideshow Royalty ».

Le sideshow dans le sang

Rebecca Johnson alias Missy Macabre a le spectacle dans le sang. Elle confie : « Mon grand-père et ma famille travaillaient depuis des générations dans le spectacle itinérant. Cet héritage m’a toujours inspiré. Ce sont les histoires incroyables que j’avais l’habitude d’entendre durant mon enfance. » Un héritage prestigieux que Rebecca perpétue avec le fakirisme.

Sa famille a écumé les cirques et les foires itinérants durant 200 ans. En effet, son arrière-grand-père était un boxeur à mains nues au début du XXe siècle. Il a fini par devenir boxeur professionnel. Il a même été champion britannique de la catégorie poids lourds. Imprégnée par ces histoires extraordinaires, Rebecca Johnson va se tailler un personnage sur mesure  : Missy Macabre.

miss macabre

Missy Macabre, entre féminité et fétichisme

Jessica étudie la sculpture à l’université des arts de Londres, mais l’appel de la scène la rattrape. À 17 ans, elle commence à performer dans des cabarets. Cependant, elle ne se contente pas du simple amateurisme. Elle décide alors de suivre des cours de clown au Circus Space (Centre national des arts du cirque). En parallèle, Jessica apprend à marcher sur le verre et à avaler le feu.

Elle peaufine son numéro et six mois plus tard, elle présente enfin un show qui tient la route. Durant le spectacle, elle se fait couper une pastèque posée sur l’estomac à la tronçonneuse, du grand show ! Elle choisit alors le pseudonyme de Missy Macabre. Elle explique : « J’ai décidé de prendre ce nom de scène quand j’avais 18 ans. L’étrange et le macabre m’ont toujours intéressé, aussi ce nom me va bien. Je pense que ça convient bien à une femme fakir — à la fois féminine et un peu sombre. »

Prêtresse du fakirisme

Missy Macabre est une prêtresse. Elle maîtrise son image de maîtresse femme. Autodidacte, elle se confectionne des costumes sophistiqués inspirés des années 20. Missy aime le style vintage, les icônes religieuses et le fétiche. Déité est d’ailleurs le titre de l’un de ses portfolios. Elle y incarne différentes déesses, transformant son physique à volonté. Missy Macabre dégage une aura mystique et le fakirisme reste un spectacle impressionnant pour le public. C’est une combinaison gagnante pour la performeuse qui marque son public.

Elle déclare : « J’aime être une femme fakir, d’autant plus que j’aime combiner le brutal avec le féminin. Je peux jouer avec les opinions des gens sur ce qu’une femme peut et ne peut pas faire. J’aime l’esthétique du sideshow et du cirque vintage. Pour moi, être fakir signifie que je peux m’exprimer et me sentir libre sur scène. » C’est aussi la raison pour laquelle elle s’inspire des spectacles masculins. Je voulais mélanger des cascades difficiles comme un lit de clous ou du verre brisé avec un aspect plus doux du cabaret — avaleuse de feu avec des costumes luxuriants — étant donné que c’est un sideshow principalement joué par des hommes. »

Une déesse tatouée

Elle commence à se faire encrer au moment où elle démarre sa carrière. Elle se remémore : « J’étais déjà intéressée par les cultures alternatives lorsque j’ai découvert le tatouage et la modification corporelle. Quand j’ai vu des femmes tatouées jouer et avoir des carrières créatives dans l’art et la scène, j’ai su que c’était un chemin que je devais suivre. Et ce chemin m’a donné de nombreuses opportunités incroyables dans la vie. Tous mes tatouages symbolisent une expression personnelle et une évolution. Je porte des tatouages dédiés à des amis et d’autres dédiés à ma famille. Ma manche et mon dos restent mes préférés. Ils signifient beaucoup pour moi !

C’est le tatoueur Rodrigo Souto de Black Garden Tattoo, à Londres qui a réalisé sa manchette. Il continue de lui encrer le dos. Missy ne tarit pas d’éloges à propos de l’artiste “J’aime son style organique coloré et la façon dont il travaille pour s’adapter au corps.” Missy Macabre a découvert le tatouage avec la vieille école, les anciens de son village qui portent des bousilles à l’encre bleutée sur la peau.

Elle révèle au sujet de son premier tatouage : “C’était un petit script que j’ai fait recouvrir. Quand je me souviens de ce motif, c’est le deuxième sentiment de liberté que j’ai pu ressentir dans ma vie. Je me sentais libre de faire ce que je voulais avec mon corps — et en tant qu’adolescente, c’était très important. J’ai toujours éprouvé ce sentiment en étant tatouée. Je suis tellement reconnaissante que mon parcours de tatouée m’ait conduite là où je suis aujourd’hui.”

miss macabre

Le fakirisme, un vrai métier

Missy Macabre exécute ses numéros avec une grande maîtrise et un sens du spectacle abouti. Ses shows audacieux sont parfaitement calculés, millimétrés. Elle réalise de nombreuses performances dangereuses. Elle exécute des acrobaties dans une baignoire remplie de verre brisé. Elle s’assoit dans des boîtes de verre brisé ou recouvertes de clous. Elle danse sur du verre brisé ou s’allonge sur des tapis cloutés. Elle mange même du verre brisé ou s’éteint des cigarettes sur la langue ! Elle est aussi connue pour être une cracheuse de feu émérite. Des performances spectaculaires qui demandent une grande maîtrise corporelle.

Ce que confirme Missy Macabre : « Je pense que pour devenir fakir professionnel, il faut de la confiance en soi et une force intérieure. Pour bien apprendre les cascades, vous devez pratiquer régulièrement et avoir une passion pour ce que vous faites. En effet, cela peut être dangereux pour le corps, surtout si les cascades sont mal exécutées. J’ai eu la chance d’être formé par certains des meilleurs artistes fakirs d’Europe. Grâce à ça, je suis entrée dans une communauté de gens formidables, qui m’ont vraiment soutenue. Pour devenir fakir, il est préférable que quelqu’un vous accompagne. Je ne recommanderais pas d’essayer d’apprendre les cascades sans aucune aide !

http://missymacabre.com/

Instagram : @missymacabre

Article paru dans le Tatouage Magazine 126

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

error: Ce contenu est protégé.
Donec tristique Nullam Phasellus commodo Curabitur
%d blogueurs aiment cette page :