Konyak, les derniers chasseurs de tête

Sur les hauteurs de Naga, dans le nord-est du Raj britannique (Inde), les Konyak partaient à l’assaut des territoires ennemis. Ces redoutables guerriers coupaient la tête des adversaires pour s’approprier la force de leurs âmes. Seuls les plus valeureux pouvaient se faire tatouer le visage, puis le torse et le corps. Malgré l’interdiction britannique, ils ont perpétué la tradition de la chasse à la tête jusque dans les années 60.

Texte : Alexandra Bay – Article publié dans Tatouage Magazine

Un jeune homme de la tribu Konyak Naga, Inde,
Un jeune homme de la tribu Konyak Naga, Inde, tenant une tête humaine. @Domaine Public

Le colonialisme britannique

En 1830, l’Empire britannique découvre le territoire Naga, coincé entre l’Assam et la Birmanie. Ces terres sont situées aux confins du Raj britannique (Inde). Les Anglais possèdent des cultures de thé dans les vallées de l’Assam. Et les tribus Naga attaquent régulièrement leurs habitants. Perchés en hauteur sur les collines, les différents clans restent difficilement accessibles. Avides de conquêtes, les colons entreprennent des expéditions. Effroi et stupeur, ils se heurtent à de redoutables guerriers et subissent la coupe de tête. Ainsi craints, les Naga sont un temps préservés de l’invasion coloniale. Cependant, les intérêts économiques liés aux plantations de thés motivent la suprématie anglaise.

Pour mettre fin aux conflits entre l’Assam et le Naga, les officiers britanniques leur font signer un traité de paix en 1840. Puis, ils essaient de transformer le Naga en région administrée. Les tribus résistent à dix expéditions punitives de 1835 à 1851. Le sang coule et la rébellion explose en 1879. Plus de 6000 Naga Angami assiègent une nouvelle base militaire. Les représailles ne tardent pas et la vengeance anglaise s’abat sur le village de Khonoma.

Ces affrontements violents cessent bientôt. De 1879 à 1880, le conflit armé laisse place à une administration qui se veut « civilisatrice ». Les Anglais vont mener une évangélisation soutenue des tribus. Seul le clan des Konyak résiste longtemps au christianisme. Le Raj britannique interdit la chasse à la tête en 1935. Pourtant ces guerriers vont perpétuer les rites sacrés jusque dans les années 60. C’est une question de survie.

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Alexandra Bay

+++ Auteure de LOVE, TATTOOS & FAMILY, (ISBN : 2916753214) +++ Co-Fondatrice de FREE HANDS FANZINE +++ TATTOW STORIES +++