Joe Moo et les pratiques disparues du tatouage

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À 44 ans, Joe Moo n’est plus un tatoueur à présenter. Au cœur de la vieille ville d’Angoulême, le tatoueur exerce dans son studio depuis 1997. Amoureux d’histoire, Joe Moo travaille sur un nouveau projet de livre passionnant sur la pratique du tatouage des cultures anciennes ou disparues. Un projet à suivre !


Prêtresse d’Hathor, d’après la momie de Deir El Medina, Égypte, vers 1 000 avant J.C. @Aurélien Vallade / ne pas copier ou diffuser

Le tatoueur Joe Moo prépare un nouveau projet de livre avec les éditions ION, sa maison fétiche. Si vous suivez l’artiste sur sa page Facebook @Joe Moo Tattoo, vous avez dû admirer ses évocations personnelles de personnages anciens et tatoués. Le tatoueur a dans l’idée d’en faire un recueil, « essentiellement basé sur une approche historique et ethno, des portraits seront mis en image sous forme d’évocations personnelles pour illustrer les différentes parties. » Vous pourrez y retrouver ses magnifiques dessins accompagnés d’un texte sur l’histoire de la culture, le tout classé dans un ordre chronologique.

Calé en histoire, Joe Moo a mené de nombreuses recherches grâce aux documents scientifiques ethnographiques et archéologiques : « Je travaille avec des données attestées que je décortique puis j’y ajoute un regard personnel puisqu’il s’agit « d’évocations ». Je me méfie beaucoup de fantasmes véhiculés autour des peuples tatoués, d’où l’importance du travail de recherche. » Et comment choisit-il les portraits de son futur livre ? « Je travaille surtout d’après photo pour la composition globale. Puis, j’y appose les motifs de tatouages et les éléments de costume typiques. Je sélectionne des peuples pratiquant encore le tatouage manuellement et de manière traditionnelle. J’essaie de faire des liens culturels lorsqu’il y en a. »


Femme Thrace, d’après un vase attique, vers 500 avant J.C. @Aurélien Vallade / ne pas copier ou diffuser

Au-delà d’un simple livre esthétique, ce recueil sera assurément une mine d’informations pour nos passionnés d’histoire du tatouage. Surtout que l’auteur veille à reproduire des portraits au plus près de la réalité, il confie : « L’interprétation est la plus grosse difficulté, lorsqu’un motif est difficile à déchiffrer sur une poterie, il est primordial d’avoir d’autres sources, d’autres documents d’étude pour comparer et comprendre ce que tu es en train de dessiner. En ce qui concerne les anachronismes, je me fie aux travaux de datations des archéologues ou des sources photographiques que je trouve. »


Guerrier amérindien, tribu Osage, Etats Unis, vers 1860 @Aurélien Vallade / ne pas copier ou diffuser

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