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Droit de réponse du S.N.A.T. à capital.fr

Alexandra Bay

Capital.fr a flairé le potentiel de son article sur le tatouage au titre dans la pure tradition « putaclick » : La bombe à retardement sanitaire des encres de tatouage :

https://www.capital.fr/conso/la-bombe-a-retardement-sanitaire-des-encres-de-tatouage-1464333

Le titre fait penser à une catastrophe sanitaire imminente… La journaliste ose même écrire cette phrase dans son article : Une déferlante qui pourrait bien avoir des conséquences sanitaires désastreuses…..on imagine déjà des millions de morts à la clé… Un titre et un article rédigé et pensé pour attirer le lecteur en manque de sensations forte ou de voyeurisme, mais aussi les haters du tatouage ou les tatoués eux-mêmes énervés par un titre aussi nullissime….

Bref, plutôt que de commenter un article bourré de lieux communs, le tatouage est à la mode, blablabla, nouveau produit de consommation, les ganglions, etc… Je préfère vous servir le droit de réponse toujours bien rédigé et argumenté du Syndicat National des Artistes Tatoueurs. A lire ci-dessous :

Droit de réponse du S.N.A.T. à l’article (enfin appelons ça comme ça) de Capital .

Le Syndicat National des Artistes Tatoueurs et des professionnels du tatouage (S.N.A.T.) souhaite apporter les clarifications suivantes sur l’article « La bombe à retardement sanitaire des encres de tatouage », rédigé par Christelle PANGRAZZI et publié sur le site Capital.fr le 29/03/2023.

Paradoxalement qualifié de phénomène de mode depuis près de 40 ans, le tatouage est loin d’être une pratique récente. Les tatoueurs tatouent leurs proches, leurs amis, leur famille, leurs enfants… Ils sont donc loin de ne pas se soucier de ce qu’ils « s’inoculent à vie sous leur peau ».

Le risque allergique en matière de tatouage ne fait l’objet d’aucune évaluation scientifique à ce jour : Interroger un dermatologue spécialiste de la question, comme le Dr Nicolas KLUGER, qui mène une consultation spécialisée à l’Hôpital BICHAT depuis 2017, aurait évité d’avancer un chiffre totalement aléatoire et abusif de 6 à 8%. Absolument AUCUNE étude ne permet d’affirmer un tel taux, et le risque zéro n’existe pas : Les produits ici dénigrés ne provoquent que des allergies rarissimes et dont les complications restent pour la plupart bénignes… Cet article est donc déconnecté de la réalité du quotidien d’un tatoueur.

Si en 2017 « une équipe de chercheurs franco-allemande a pu constater que les pigments voyageaient du derme vers les ganglions », elle n’a relevé aucun caractère pathogène lié à ce constat, lui-même déjà connu depuis… la fin du 19ème siècle. Des scientifiques évoquaient cette migration bien avant le pistage au rayon X. Les ganglions, qui contiennent les produits métabolisés de toutes les substances ingérées par le corps humain, n’ont pour autant jamais causé de problème du fait de la présence de ces pigments en quantités infinitésimales.

Les éléments d’information communiqués par le SNAT en amont de l’article à la demande de la journaliste, concernant les décisions de l’Union européenne ont été ignorés, notamment sur le fait que le Règlement Reach n’est fondé sur aucune évaluation des risques et n’a prévu aucun produit de remplacement: Il est donc non seulement injustifié, mais non conforme sur ces 2 points aux exigences règlementaires européennes.

Une revue complète de la presse médicale depuis 20 ans permet en outre d’affirmer ce que le Haut Conseil de Santé Publique a rappelé dans son avis du 15 décembre 2020 : IL N’Y A AUCUN LIEN DE CAUSALITÉ ENTRE TATOUAGE ET CANCER DE PEAU… Trois études menées en 2017 (1) ont même conclu sur un effet « protecteur » des tatouages, en soulignant que l’effet cancérigène d’un tatouage contenant des carcinogènes apparaissait cliniquement négligeable comparé aux effets d’une exposition solaire. Une autre étude de 2016 (2) a également révélé que se faire tatouer plus d’une fois stimulait et renforçait notre système immunitaire !

Si « les tatoueurs grincent des dents », c’est plutôt à la lecture de tels articles alarmistes et biaisés. La Commission Européenne, au lieu de susciter des études toxicologiques de grande ampleur qui permettraient d’améliorer la connaissance et la sécurité des produits, a pris la voie express du principe de précaution, obtenant en tout état de cause l’effet inverse de celui annoncé, tout et refusant de l’admettre.

« Rien ne filtre. » Le SNAT n’a pourtant de cesse d’alerter les pouvoirs publics sur ce sujet depuis 2021. De l’Elysée au Ministère de l’Economie et des Finances en passant par le Ministère de la Santé, nous avons à la fois recueilli le témoignage de plus de 2000 professionnels et échangé à plusieurs reprises avec nos représentants sur le dossier des encres. Rien n’a été fait pour « éviter la mauvaise publicité ».

Le SNAT est ici associé de manière mensongère comme source d’éléments infondés. En outre, nous n’avons jamais estimé à « 100 à 250 euros le prix moyen d’un tatouage », puisque nous avons au contraire expliqué qu’il nous était impossible d’avancer une quelconque évaluation.

Enfin, la mention « 100 à 250 tatoueurs se partagent le marché français portée sur Capital.fr n’a aucun sens, puisqu’ils sont au moins 15 000 en France comme indiqué juste après. Ce chiffre insensé n’émane donc nullement du SNAT.

Et pour rire un bon coup, voici le droit de réponse de CAPITAL et pointons la « POSSIBLE » nocivité des encres, on est loin de la déferlante évoquée par Madame la Journaliste….

Notre journaliste a interviewé de nombreux spécialistes et s’est appuyée sur plusieurs études pour étayer son enquête. Cette dernière pointe de manière factuelle la possible nocivité des encres de tatouages. Quant au chiffre sur le nombre de tatoueurs qui se partagent le marché français paru sur notre site, il s’agit en effet d’une coquille, depuis corrigée.

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