Mr X ou Duncan X, une vidéo de Rogue films

Mr X from Rogue Films on Vimeo.

Duncan X, aka Mr X, tatoueur londonien

Mr X est un film court réalisé par Rogue films et dirigé par Alex Nicholson. Sortie en 2013, cette vidéo a fait couler beaucoup d’encre, pour 2 raisons. La première était la prouesse technique. 2 ans auparavant, Zombie boy avait aussi tourné avec les cosmétiques Dermablend. Sauf que Rogue films anime avec poésie les tatouages de Duncan X. Et la 2ème raison est le personnage de Mr X ou Duncan X. Un tatoueur bien connu des adeptes d’un graphisme noir trad. Un Anglais charismatique au passé turbulent.

Mr X

Mr X, portrait vidéo d’un personnage énigmatique

La vidéo démarre sur un Mr X vierge d’encre, un piano nous berce de notes nostalgiques. “Murderer, murderer”, Duncan se remémore le passé. Un enfant qu’il a renversé. Plusieurs semaines plus tard, il reçoit des nouvelles. Ses jambes sont cassées, mais l’enfant va bien. Au fur et à mesure de son discours, les tatouages prennent vie sur sa peau, liés à ces souvenirs.

Mr X ou Duncan X enchaîne “Je vous aiderais si vous avez des ennuis et je ne serais pas la cause de ces ennuis à moins que vous n’ayez commencé.” 

Mr X a été un “mauvais garçon” et il assume. Ainsi, il explique qu’il ne regrette pas les mauvaises périodes de sa vie ou ce qu’il a pu faire. Et ces temps difficiles sont encrés sous sa peau. Comme ce H sur son menton, une dédicace à l’héroïne qu’il a fumée un certain temps. Il voit le tatouage comme une surface à gratter, qui révèle réellement la personne. Ainsi, il pense que les tatouages dévoilent une personnalité pour peu que le ou la tatoué(e) ait cette démarche.

“C’est une grosse affaire que de marquer la peau de façon permanente” Mr X

Mr X et le tatouage ?

Et il ne prend pas son rôle à la légère même s’il pense qu’il faut conserver une forme d’humour ou de recul dans sa pratique. Il aime le fait d’encrer quelqu’un et de rester dans ses souvenirs. Il aime ce contact.

Souvenirs du tatoueur

Son premier souvenir ? Mr X raconte ainsi qu’il n’y avait pas de salons près de chez lui, dans le sud de Londres. Gamin, il n’avait pas de tatouages. Il essaie de se souvenir de la première fois qu’il a vu un tatouage. Trop de drogues ont affecté sa mémoire… Il pense qu’il devait avoir 21 ans. C’était peut-être à Glastonbury. Il y avait ce gamin de 11 ans avec une étoile sur le bras et ça a été une révélation. Ce gamin était un vrai rebelle. Duncan X voulait ce tatouage ! D’ailleurs, le tatoueur travaille beaucoup au flash (soit un dessin tatouable à l’infini).

Du noir et puis c’est tout !

Duncan X adopte le noir dès ses débuts dans le tatouage. S’il ne veut porter que ce pigment sous la peau, le tatoueur encre aussi, uniquement, en noir – symbole de révolte radicale dans l’esprit occidental. Ainsi, il raconte :

“Je voulais que mes tatouages ressemblent à ceux dont je me souvenais sur les vieilles photos de marins ou de criminels. Et dans mon esprit, tous ces tatouages ​​étaient tout simplement noirs. Mais en fait, c’était des photos en noir et blanc de tatouages ​​couleurs. J’ai donc décidé que je n’aurais pas de couleurs. Et si je pense à une image, elle est très graphique et monochrome.” Mr X

 

illustration by chris martin

Vieillesse et encre bleue

Dans la vidéo, l’encre bleue s’évapore de la peau de Duncan X. Si le tatoueur aime l’encre noire, il a bien conscience du vieillissement. Bien au contraire il attend avec impatience de voir sa peau se tâcher de bleu, comme les vieux marins ou les taulards de ses photos. 

“J’aime cette encre noire sous ma peau…maintenant c’est noir… et ce drôle de bleuté…. cette encre indienne est essentiellement du carbone…  qui a été fabriqué au four… et je trouve fascinant qu’elle puisse tâcher la peau de façon permanente… et j’aime la façon dont elle change au fil du temps, elle s’étale et se trouble légèrement…J’ai toujours attendu avec impatience que son aspect semble vieilli….” Duncan X, Mr X

 

Mr X, Duncan X, découvrez son travail

Pour voir ses flashs, allez sur son site,  son instagram 

Yantra The Sacred Ink, de Cédric Arnold

Yantra the sacred ink, de Cédric Arnold


Yantra the sacred ink est une courte séquence filmée par le photographe reporter Cédric Arnold. Le sujet ? l’encre sacrée de Thaïlande. En 4 min 58, Cédric dévoile toute la spiritualité intense du Sak Yant alternant images de pique sacrée et Khong Khuen, transe de dévots tatoués. Le photographe puriste a utilisé du noir et blanc pour ce film réalisé entre 2008 et 2014. Il devrait être diffusé en version longue un de ces jours (à suivre). Je l’espère vivement.

Reportage au festival Wai Kru

Poulain de l’agence Corbis Sygma, Cédric Arnold arrive à Bangkok, il y a 15 ans. Il travaille alors comme photographe reporter. En 2003, il couvre le festival Wai Kru, à Nakorn Chaisi, pour un magazine. Au temple Wat Bang Phra, il découvre alors le Sak Yant ou tatouage yantra : l’encre sacrée. Ainsi, il confie sur son site qu’il ignorait qu’il se lancerait dans l’un des projets les plus ambitieux de sa carrière, Yantra the sacred ink.

Cédric Arnold présente officiellement son projet photographique le 25 mai 2011. En effet, il est convié à exposer au Centre d’art de l’université Chulalongkorn de Bangkok.

Yantra the sacred ink

Yantra the sacred ink, un projet de longue haleine

Cédric Arnold raconte ainsi que la première séance de cette série photographique s’est déroulée par hasard. En effet, durant un reportage, il croise la route d’un ouvrier sur un chantier naval. Et c’est ainsi qu’il revient la semaine suivante pour immortaliser les tatouages magiques de l’homme au moyen format.

C’est ainsi que pendant plus de 4 ans, il rencontre et immortalise des boxeurs, des moines, un policier et même un chauffeur de taxi ! Il aura également la chance de se lier avec des maîtres tatoueurs qui le laissent assister aux cérémonies. Exigeant, le photographe sélectionne 25 portraits qu’il trouve intéressants et en retient seulement 15 pour la série finale.

Passage obligé, l’exposition  Tatoueurs, Tatoués du musée du quai branly présentait certains clichés du photographe. Sinon Cédric Arnold est résident de la Galerie Olivier Waltman, à Paris.

Site Officiel

Voici quelques clichés pris lors de sa venue à Paris :

 

 

Une histoire du tatouage au XXème siècle – Julien Croyal

Une histoire du tatouage au XXème siècle, une animation de Julien Croyal

Une histoire du tatouage au XXème siècle est une animation réalisée par Julien Croyal, graphiste et illustrateur parisien et Chifumi. Dans cette vidéo de 5 minutes 39, l’histoire du tatouage se déroule sous nos yeux. En effet, un bras tient un chronomètre et lance la cadence. Au travers des époques et des continents, les motifs du genre se dévoilent au rythme de la musique : des biribis aux prisonniers russes.

Histoire d’une collaboration

Julien Croyal suit des études aux beaux-arts de Lorient puis à Mulhouse. Il rencontre alors Chifumi. Avec une personnalité bien affirmée, Chifumi se spécialise dans le collage façon street art. Son projet artistique est axé sur de longs bras couverts de tatouages. Ainsi, il y répète souvent le même mot dans différentes polices de caractères. Son propos ? La vie urbaine, sa violence quotidienne et ses codes.

Source d’inspiration, Julien Croyal reprend l’idée ingénieuse du bras de Chifumi pour son animation. Ainsi, débute la collaboration des deux hommes. Le projet aboutit en 2010. Julien Croyal termine alors ses études. En 2012, ils diffusent la vidéo à l’Ecurie Galerie, en Bretagne. Mais, les garçons aimeraient pouvoir la diffuser plus largement. Alors, le support du web s’impose à eux.

une histoire du tatouage au XXème siècle

Une histoire du tatouage au XXème siècle : une animation soigneusement réalisée

Sur fond musical de Black Rebel Motorcycle, le bras de Chifumi lance le top départ. C’est sur cette cadence que défilent les motifs les uns après les autres, dans un ordre chronologique bien précis. Les motifs sont soigneusement choisis. En effet, ils sont parfaitement représentatifs des époques choisies. Pourtant Julien Croyal n’était pas du tout familier du monde du tatouage.

Son lien avec le tatouage ? Chifumi. Ainsi, c’est sa machine qu’on entend dans l’animation. D’ailleurs, Julien Croyal confie au sujet d’un éventuel premier tatouage : “J’attends que Chifumi rentre du Cambodge pour qu’il me fasse mon premier à prix d’ami… J’ai quelques idées… plutôt une succession de petits trucs. Je crois que j’aurai du mal à déléguer la création du dessin à quelqu’un d’autre que moi.”

Découverte d’une culture

Pour la réalisation de cette animation, Julien Croyal a dû procéder à de nombreuses recherches. En effet, il explique : “En démarrant ce projet, je n’étais pas du tout familier avec l’univers du tatouage. Mais j’avais envie d’en savoir plus, d’aller plus loin que le côté un peu gratuit voire kitch de cette pratique et aussi de ne pas m’y aventurer à l’aveugle, par simple effet de mode.

Le côté crypté, le fait qu’on utilise la peau pour faire passer un message ou comme un espace dévolu à la mémoire avec des codes particuliers, m’intéressait. Les trois tomes de Russian criminal tattoo étaient sortis chez Fuel. Et l’univers graphique de quelqu’un comme Dave Decat suggéraient qu’il se jouait là quelque chose qui allait au-delà de la simple coquetterie.

Une histoire du tatouage douloureuse

Il enchaîne à ce sujet et constate : “Une époque où être tatoué était le signe d’une condamnation, qu’on était mal né ou qu’on avait mal tourné sans possibilité de rédemption (pas de laser à l’époque…). Je me suis surtout documenté sur Internet. J’ai vu « The mark of Cain » d’Alix Lambert, les dessins de Danzig Baldaev (sa série sur le goulag aussi). Et je me suis depuis procuré d’autres livres comme « Les vrais, les durs, les tatoués » de Jérôme Pierrat et Eric Guillon et « À fleur de peau, médecins, tatouages et tatoués » aux éditions Allia, surtout pour en savoir plus sur les Français, les Apaches et Biribi.”

une histoire du tatouage au XXème siècle

Une histoire du tatouage au XXème siècle – Une chronologie précise

Julien Croyal a parfaitement réfléchi la chronologie de son animation. Ainsi, il confie : “L’animation commence à une époque située entre la fin du XIXe et la veille de la Première Guerre mondiale  en France. Comme je voulais évidemment montrer les tatouages russes qu’on connaît particulièrement dans l’époque de gouvernance de l’URSS par Staline.

J’ai pensé doubler la progression temporelle d’une progression géographique. On traverse donc l’Allemagne durant la Première Guerre mondiale pour rejoindre la Russie. J’ai dû faire preuve d’invention pour l’Allemagne qui est maigre en documentation à ce sujet, qui devait y être plus tabou qu’ailleurs.”

Une progression historique bien pensée

“Ensuite, c’est assez naturellement que le trajet se poursuit, les tatouages japonais ne m’intéressent pas tellement, peut-être trop bavards, massifs. Et je préfère les films de cow-boys à ceux de samouraïs. Mais je passe par le Japon pour aller aux USA, en dessinant des tatouages marins à cette occasion.

Les peintures des bombardiers de la Seconde Guerre mondiale auraient fait de bons tatouages. J’en profite pour situer la fin de mon récit à la fin de ce conflit avec le bombardement du Japon. L’histoire n’aurait pas pu continuer au-delà, elle marque la fin d’une période de tragédies pour le monde occidental et l’entame d’une période de paix relative au cours de laquelle le statut du tatouage change progressivement.”

une histoire du tatouage au xx ème siècle

Une histoire du tatouage au XXème siècle – Son époque préférée ?

Lorsque je lui demande quelle époque Julien a préféré représenter, il me répond “Les Russes sont ceux qui expriment le plus de fantaisie dans le désespoir. C’est une des choses qui marque le plus. Cela et le caractère explicite de beaucoup de leurs tatouages, j’ai un peu fait l’impasse dessus dans mon animation. Viennent ensuite les Français avec un usage de la langue assez beau, sans chichis et les portraits de femmes et de généraux dont j’apprécie les maladresses. Enfin, j’aime beaucoup certains tatouages des USA qui rappellent la fraîcheur des tous premiers dessins animés américains.”

Et le tatouage actuel ?

Et le tatouage actuel ? Julien avoue qu’il n’est pas vraiment fasciné par la technique ; alors le réalisme, très peu pour lui… “Un portrait hyper-réaliste avec une gestion des couleurs digne de l’imprimante la plus sophistiquée ne m’intéresse pas vraiment, je préfère les petites histoires. […] La maladresse du trait raconte déjà une histoire. “

En effet, il préfère l’insolence d’un Fuzi UVTPK ou la performance d’un David Shrigley : “J’aime bien aussi quand le dessinateur David Shrigley s’improvise tatoueur avec son pinceau sur la peau des visiteurs d’un salon d’art, avec ses blagues potaches… J’aime aussi… C’est encore mieux quand le visiteur en question se fait vraiment tatouer le dessin réalisé alors que Shrigley lui-même n’y est pas tellement favorable.”

Une évolution du tatouage en France

Pour conclure sur une évolution de la culture tatouage en France, Julien Croyal livre son hypothèse : ” Je ne peux pas livrer un véritable avis sur l’évolution du tatouage. Mais je pense que la France, avec toute sa culture graphique est forcément un terreau fertile à l’éclosion de talents dans ce domaine. Comme je préfère les motifs un peu sobres avec une dimension historique. Je peux citer Jean-Luc Navette ou Thomas Hooper parmi les choses que j’aime, mais, c’est en oublier beaucoup d’autres.”

+ Vimeo Behance +

Brutal tattoo ritual, un mouvement singulier

(Attention la vidéo contient des scènes qui ne conviennent pas aux âmes sensibles)

Brutal Tattoo Ritual : la douleur comme catharsis

Le Brutal Tattoo Ritual m’intriguait, vraiment. Ce mouvement m’intéressait d’un point de vue anthropologique. J’imaginais qu’il portait une pensée philosophique profonde. Mais le visionnage de la vidéo de Vice détruit ma curiosité.

Je comprends parfaitement le côté brutal. On revient à une démarche ritualisée à l’opposé de la consommation “tattoo” actuelle. Finalement, on redonne du sens à un rite qui l’a perdu au fil du temps…

Du tatouage sans esthétisme

Aucune recherche esthétique pour le Brutal Tattoo Ritual, mais l’ignorant style a exactement la même démarche, le côté fun en plus. J’assimilais l’aspect brutal de ce mouvement au “rituel” initiatique. Le tatouage se mérite, la douleur est une contrepartie qu’on accepte à juste titre.

J’aime beaucoup la réflexion du tatoueur sur la mère qui rassure son enfant quand il se fait mal. Je l’entends parfaitement. Et je trouve que ça donne un vrai sens à son propos… Les personnes qui viennent là, sont consentantes. Et elles n’ont pas envie d’entendre maman les rassurer… Voici le résumé du Brutal Tattoo Ritual.

brutal tattoo ritual
@D.R.

Ce que j’ai trouvé consternant dans cette vidéo, c’est l’accentuation de la douleur par l’image.

Le cameraman enchaîne les plans de vue sur les personnes tremblotantes, hurlant de douleur… Puis le tatoueur se lâche sur le client en lui faisant mal et en l’insultant. La façon de filmer rend le concept totalement simpliste… Ça m’a paru vraiment grotesque… Et j’en suis désolée… (Attention, je ne remets nullement en cause la douleur réellement ressentie)

Surtout, lorsque le tatoueur répète plusieurs fois “si le client me fait chier, je lui dis d’aller se faire foutre”… Et le Brutal Tattoo Ritual se transforme en concept marketing dénué d’un sens profond.

Quel sens pour le Brutal Tattoo Ritual ?

J’imaginais que le Brutal Tattoo Ritual était l’acte de se faire tatouer durant des heures entières des motifs absolument inesthétiques pour le commun des mortels. Il s’agissait ainsi de repousser des limites personnelles, voire les limites d’un tatouage devenu trop esthétique… Car il ne faut pas se leurrer, le tatouage fait mal.

D’ailleurs, c’est la question favorite des tatoués (n’est-ce pas ?). Quelle partie du corps fait le plus mal ? Toutes ! C’est toujours un sale moment à passer.

Cependant, la récompense en vaut la peine. Alors il s’agit d’accepter cette douleur pour qu’elle soit moins prenante… C’est un moment de concentration intense. Je l’utilise soit pour communiquer avec le tatoueur, soit pour intérioriser la douleur, puis me perdre dans mes pensées au bout de quelques heures.

Le Brutal Tattoo Ritual me déçoit en ce point… Une séance filmée par VICE se transforme en sorte de cérémonie BDSM, digne d’un salon de l’érotisme de la ville de trucmuche. C’est ce que je ressens en regardant cette vidéo.

C’est vraiment dommage… Cette mise en scène me paraît tellement peu naturelle. Elle amoindrit toute la dimension singulière de cette démarche… Du coup, j’ai arrêté de regarder au bout de 10 minutes environ… Promis, je regarderai de nouveau cette vidéo plus tard… 

brutal tattoo ritual
@D.R.

Rafel Delalande : mysticisme et art brut

Rafel Delalande, un portrait vidéo par Ocurens prod

Rafel Delalande est un tatoueur français qui officie au célèbre shop Seven Doors, à Londres. Valentin Petit a su capturer l’essence mystique du tatoueur français. Dans une vidéo, Ocurens sa boîte de prod a su créer un univers visuel intense et décalé tout comme l’artiste. Entre hauteur vertigineuse et symboles ésotériques, c’est le grand plongeon.

Au bord de la falaise

Rafel Delalande survole la falaise et plonge dans le vide. Des plans successifs mêlent plans sombres du tatoueur dans l’ombre et paysage étendu à perte de vue, sous un soleil bienveillant. Entre mysticisme et liberté, l’artiste s’exprime sur l’une des symboliques fortes de son tatouage : la religion.

« Je ne suis pas religieux. Vraiment pas, je pense que les religions sont dangereuses. Elles ont de bonnes intentions et veulent aider. Mais le problème, c’est qu’à un moment j’ai compris qu’elles croyaient pouvoir décider pour moi, ce qui est bon dans ma vie. Ça m’est vraiment insultant… […] Personne ne peut me dire ce que je dois faire de ma vie ! »

Athéisme

Après cette réflexion orientée vers l’athéisme, Rafel  Delalande enchaîne avec la notion de regrets comme le vieillissement des tatouages. Rafel déplore ce type de pensée. On revient à la réalité. Des chats se tiennent sur le pas d’une porte. Des images de cimetière suivent et accentuent l’univers étrange de l’artiste… Il aime déambuler dans ces lieux calmes pour se retrouver.

«Beaucoup de gens pensent que je suis satanique. Tout ce que l’on sait du satanisme vient de l’imagerie catholique. C’est pourquoi j’aime visiter des églises. J’aime les sujets noirs, tristes et apeurant. J’aime quand un tattoo est trop effrayant ou trop sombre. Aussi, se faire tatouer quelque chose d’effrayant est un réel engagement»

Rafel Delalande réaffirme l’engagement du tatoué dans cette acte. Surtout lorsqu’il choisit des sujets aussi sombres et anticonformistes. C’est définitivement le style de notre artiste.

«J’essaie de garder l’aspect plus extrême du tatouage comme il est supposé être. Malgré le fait, que ce soit devenu très trendy, récemment. C’est comme ça qu’est supposé être la culture tattoo ! Evidemment je ne regrette rien de ce que je porte. Le tatouage est devenu ma façon de m’exprimer. Je sais que ça à l’air mielleux. Mais si je suis devenu tatoueur, c’est que je suis une personne créative. Et si je suis comme tel, c’est que j’ai quelque chose à dire».

Une intimité partagée

Cette vidéo poignante montre aussi l’intimité artistique du tatoueur. Dans son atelier, il peigne avec minutie et en dots, les ombrages de l’un de ses dessins : un crâne au multiple yeux, des verrues apparentes.

Rafel Delalande aime encrer des chimères, des personnages étranges et difformes. Il aime également les symboles ésotériques tout droit sortis des manuels de médecine du début du siècle ou des livres religieux. Les séquences dévoilent le tatoueur qui prépare ses machines. Puis on le voit piquer en slowmotion. Rafel Delalande se réalise dans l’expression de ses démons et de ceux de ses clients.

Site Officiel

Gakkin, tatoueur free hand

Gakkin : vidéo officielle du tatoueur

Gakkin nous présente son univers dans une vidéo à l’ambiance bien dark et envoûtante. En 5 minutes et 13 secondes, Chromon Films retranscrit parfaitement l’identité visuelle de l’artiste : superpositions d’images triturées et déhanchés sensuels d’Aimi. Ce teaser officiel dévoile un univers obscure. Sur fond de musique expérimentale, on observe Gakkin à l’œuvre sur de grosses pièces. Ainsi, on peut admirer les corps entièrement recouverts par l’encre barrée du génie.

Au début de la vidéo, le logo du tatoueur japonais s’affiche. Entouré d’un cadre rouge sang, il clignote comme une enseigne lumineuse abîmée. Le modèle tatoué Aimi masqué d’un bandage hospitalier – est couchée derrière des barreaux. Cette mise en scène est dans un pur esprit fétichiste japonais. Une mise en abîme sensuelle avec le corps gracile d’Aimi dévoile le travail de Gakkin d’un noir profond.

Son modèle fétiche se déhanche et prend des positions suggestives. Une sensualité qui est contrebalancée par une superposition d’images tachées, brûlées et en négatif. Des prises de vue léchées se mêlent à l’étrange mise en scène. On observe Gakkin à l’œuvre, dessin à main levée et encrage.

Gakkin

Aimi, icône du tatoueur

Tout en contraste, les longs travellings caressent les corps masculins tatoués tout en alternant avec les déhanchés hyper sexualisés d’Aimi. Le corps du modèle sert de support visuel à l’art décalé du tatoueur. De gros plans sur son corps dévoilent des pièces originales stylisées : une pieuvre, un rat, un plat japonais, etc.

Au rythme d’une note de piano envoûtante, Gakkin exécute au feutre des motifs graphiques sur un dos complet. Il trempe ses aiguilles dans l’encre noire. Plan de vue en slowmotion durant la pique… Zoom sur son plan de travail. L’univers du tatoueur s’imprègne en nous.

La vidéo oppose : masculinité et féminité, intimité et distance au modèle, tatouage graphique et traditionnel. Cette « vidéo officielle » rend hommage à l’univers de Gakkin, désormais hissé au rang d’artistes japonais graphiques.

Site Officiel + Facebook + Instagram @gakkinx

Jeff Gogue – Tattoo I as see it

Jeff Gogue – Tattoos as I see it : une transmission du savoir

Jeff Gogue est un tatoueur américain de talent. Il a dévoilé le trailer d’un documentaire à son sujet. Le titre évocateur est « Tattoo as I see it ». L’artiste, spécialiste d’un « réalisme » onirique, partage avec son public une vision du tatouage toute personnelle. Sur fond de musique électronique aux basses entêtantes, la bande-annonce promet d’entrer dans l’intimité d’un tatoueur devenu un artiste de renom, tardivement.

«Tattoo as I see it » débute avec un plan serré sur Jeff Gogue qui tatoue un corbeau d’un noir profond sur un dos complet. Sur fond de musique lascive, on savoure une image léchée et des plans esthétiques aux lumières tamisées. Le ton est donné. On saisit cette chance d’entrer dans l’intimité d’un tatoueur reconnu par la profession.

Ses nombreuses machines sont alignées. Sa lampe est allumée. On découvre son studio à la déco qui mélange style japonisant et moderne. Jeff Gogue dessine un phénix sur le mur. Il l’encrera à la fin de la vidéo. Immergé dans un univers feutré, on est prêt à entendre son discours de tatoué et de tatoueur.

Un documentaire long à réaliser

Il a fallu 5 ans pour réaliser cette vidéo sur le travail de Jeff Gogue. Ryan Moon, le réalisateur a suivi l’artiste et conservé les meilleures images. Jeff a souhaité transmettre son expérience ainsi que ses valeurs. Il dévoile sa perception de la relation « tatoueur-tatoué ». Avec un parcours « do it yourself », le témoignage du Californien est précieux. Surtout, qu’il encre depuis 14 ans.

Malgré un don pour le dessin, Jeff Gogue tatoue tardivement. En effet, il pique son premier motif à 26 ans. Il a envie de travailler en boutique, mais le père de famille ne peut pas suivre un apprentissage classique. Essuyant de nombreux refus, il envisage alors de sauter le pas. Jeff Gogue apprendra tout seul. Le jeune artiste se lance à mi-temps et en parallèle, pour subvenir à ses besoins, il ouvre une boutique à Quincy (CA).  Malheureusement, Jeff glane « difficilement » des astuces à droite et à gauche.

Pour nourrir sa famille, il utilise alors ses talents de peintre. En effet, il réalise des peintures sur des voitures de course ou des motos.Jeff Gogue dessine aussi des logos marketing tout en perfectionnant sa technique d’encrage. Ainsi, on peut affirmer qu’ il doit son excellente réputation de tatoueur à la sueur de son travail.

Séminaires et formations

Désormais reconnu dans le milieu, Jeff a animé quelques séminaires sur ses techniques de tatouage (tatouage-partage.com/jeff-gogue), notamment en France (Festival Chaudes-Aigues). Cet excellent pédagogue anime également des séminaires de peinture aux US. Avec Tattoo as I see it, Jeff Gogue a voulu partager son expérience avec les nombreux novices.

Jeff Gogue : Tattoo as i see it

Joe Moo et son atelier tattoo extraordinaire


Images et réalisation de Gautier Roscoet
Musique de Pierre Feyfant

Vidéo de Joe Moo : son atelier tattoo extraordinaire

Joe Moo, tatoueur d’Angoulême se met en scène. Dans une vidéo réalisée par Gautier Roscoet, on entre dans l’univers du tatoueur sur fond de musique folk. Une musique à propos, car Joe Moo encre un grizzly sur la cuisse d’une cliente. Le résultat ? une fenêtre ouverte sur le monde poétique du tatoueur.

Passionnant, Joe Moo ne se contente pas d’encrer. Il partage aussi son amour pour l’art et l’histoire du tatouage. En effet, il publie des portraits de tatoués sur son facebook, mais aussi des tranches d’histoire. Ainsi, on peut ainsi découvrir une pléiade de personnages fascinants, datée d’une époque où le tatouage était : « l’expression des illettrés » dixit le docteur Alexandre Lacassagne.

La vidéo débute sur un échange entre deux tatoués dessinés : « un acte volontaire plein de sens… », « si tu es pressé, méfie-toi… ici c’est pour la vie ». On perçoit une symbolique de la philosophie de Joe et de sa conception du tatouage. On découvre alors son cabinet. Le refuge d’un collectionneur dont le décor est orné de curiosités et d’hommage à l’encre. Ainsi, sur les murs et les étagères, se côtoient tatouages de marins, imageries de l’histoire du tatouage, chimères et playmobiles.

Dans une belle chemise à carreaux, Joe le barbu tatoue un grizzly menaçant, mais  aux lignes de style naïf. Un motif qui est en accord parfait avec l’ambiance folk art de la vidéo.

Apprécié pour son style trad façon bousille, Joe Moo s’inspire des “mauvais garçons” et des biribis. Ses tracés sont simples avec quelques aplats de noir et gris pour accentuer les reliefs.

http://www.joemootattoo.fr/
joemootattoo@gmail.com

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